VIDEO. Levothyrox: Le désarroi des victimes face à la future bataille judiciaire

JUSTICE L'ordre des avocats de Marseille organisait ce vendredi une première réunion d'information à destination des victimes du Levothyrox... 

Mathilde Ceilles

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Bourgoin Jallieu le 06/09/2017; Photo illustration du médicament LEVOTHYROX, un médicament prescrit pour plus de 3 millions de patients ayant des problèmes de thyroide. Credit:ALLILI/SIPA.

Bourgoin Jallieu le 06/09/2017; Photo illustration du médicament LEVOTHYROX, un médicament prescrit pour plus de 3 millions de patients ayant des problèmes de thyroide. Credit:ALLILI/SIPA. — SIPA

  • L'ordre des avocats à Marseille organise une fois par semaine des réunions d'information à destination des victimes du Levothyrox.
  • La première réunion s'est tenue ce vendredi. 

Les visages sont anxieux, les regards fixes et concentrés. Dans l’assemblée, une majorité de femmes, la plupart dans la fleur de l’âge. Tous ont un point commun : ils prennent du Levothyrox, et se retrouvent embourbés, malgré eux, dans un imbroglio sanitaire et un combat judiciaire qui les dépassent.

Le parquet de Marseille, en particulier le pôle de santé publique du TGI, diligente en effet une enquête préliminaire, ouverte pour « tromperie aggravée, atteinte involontaire à l’intégrité physique et mise en danger de la vie d’autrui ». La nouvelle formule du Levothyrox, fabriqué par le laboratoire Merck, fait l’objet de plaintes concernant de lourds effets secondaires. Le parquet de Marseille a indiqué mardi à l’AFP en avoir reçu 163, dans le cadre de l’enquête préliminaire.

« La pagaille la plus complète »

Face à des victimes qui n’ont, pour certaines, jamais eu affaire à la justice, Me Louisa Straboni organise chaque vendredi, à raison de 30 personnes par session, une réunion d’information visant à éclairer les victimes sur le volet judiciaire de l’affaire, et notamment les démarches qu’elles peuvent entreprendre. La première s’est tenue ce vendredi.

Louisa Straboni représente dans ce cadre le groupe des avocats des victimes à l’ordre des avocats du barreau Marseille, spécialisés notamment dans les accidents collectifs (attentats, crashs…)..  « C’est la pagaille la plus complète, et nous, on est au milieu, reconnaît l’avocate devant l’assemblée de victimes. On ne peut pas vous laisser patauger. »

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Une semaine seulement après le début des inscriptions, toutes les réunions d’octobre sont d’ores et déjà complètes. Et pour cause : les questions sont nombreuses chez les victimes dans le désarroi. « Pourquoi ne pas constituer une action de groupe ? A plusieurs, on serait plus fort ! » « Que faire si notre médecin généraliste ne veut pas nous fournir le certificat médical demandé pour déposer plainte ? »

La session a réuni une trentaine de personnes.
La session a réuni une trentaine de personnes. - Mathilde Ceilles

Un expert médical et des consultations individuelles gratuites

L’avocate tente de démêler la pelote, entre les actions de groupe sur le point de naître pour un jugement civil, et la procédure pénale en cours. Et de rappeler aussi le temps judiciaire, long, et ses dénouements qui n’interviendront que dans plusieurs années. Mais, patiemment, Me Straboni répond à chacune des interrogations, tente d’apporter l’expertise de l’ordre des avocats sur la machine judiciaire et son fonctionnement. « Ce que je peux vous conseiller, c’est de consulter un avocat. Vous n’avez pas tous les mêmes attentes, ni les mêmes envies. »

Un expert médical a été invité par l’ordre des avocats, pour répondre aux questions des victimes les derniers vendredis d’octobre et novembre dans le cadre de ses réunions d’information. Les victimes devront s’inscrire via une adresse mail spécifique (levothyrox@barreau-marseille.avocat.fr). Des consultations individuelles gratuites seront également organisées, probablement début décembre.

Mais le combat judiciaire effraie certains. Une petite dame à lunettes soupire. « Je ne sais pas si j’aurais le courage. Nous, ce qu’on veut, ce n’est pas des indemnisations. C’est avoir de suite le retour de l’ancienne formule ! ». Au milieu de la réunion, une femme s’excuse auprès de l’assemblée, un verre d’eau à la main. « Je dois partir, je vais tomber dans les pommes. Mais je vais tout de suite porter plainte. »