Homéopathie: L’inefficacité et la nocivité pointées du doigt dans un nouveau rapport

MEDECINE Les chercheurs européens insistent sur «l’absence de preuve solide et reproductible de l’efficacité» de l’homéopathie…

20 Minutes avec agence

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Un nouveau rapport pointe « l'absence de preuve solide et reproductible de l'efficacité » de l’homéopathie(illustration).

Un nouveau rapport pointe « l'absence de preuve solide et reproductible de l'efficacité » de l’homéopathie(illustration). — Mychele Daniau AFP/Archives

Les conclusions du dernier rapport de l’EASAC (Conseil scientifique des Académies des Sciences Européennes), publié le 20 septembre dernier, vont sans doute raviver la guerre entre pro et anti-homéopathie.

Les experts européens ont, non seulement, conclu à « l’absence de preuve solide » quant à l’efficacité des produits homéopathiques mais craignent aussi leur nocivité.

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L’efficacité de l’homéopathie remise en cause

C’est parce que le recours des patients à cette thérapie retarde la consultation d’un médecin ou la prise d’un traitement adapté à leur maladie que les chercheurs en redoutent la nocivité. Mais ils insistent surtout sur « l’absence de preuve solide et reproductible de l’efficacité » de l’homéopathie.

Les membres du conseil insistent, au préalable, sur l’absolue nécessité de laisser au malade le choix de son traitement. Mais ils estiment, dans le même temps, primordial que ce dernier soit correctement informé.

Or, selon leur communiqué publié vendredi dernier, l’analyse des données disponibles montre que chaque fois que l’homéopathie est jugée efficace, cette efficience « peut s’expliquer par l’effet placebo, une mauvaise conception de l’étude, des variations aléatoires, une régression des résultats vers la moyenne ou un biais de publication ».

« les revendications scientifiques de l’homéopathie ne sont pas plausibles »

Pour ces chercheurs, « les revendications scientifiques de l’homéopathie ne sont pas plausibles et sont incompatibles avec les concepts établis de la chimie et de la physique ». Un constat qui les conduit à s’interroger sur les praticiens qui « prescrivent ou recommandent des produits qu’ils savent biologiquement inefficaces ».

Et pour fermer le ban, le rapport pointe le manque de contrôle lors de la fabrication des préparations homéopathiques et les problèmes potentiels de sécurité qui pourraient en découler.

La menace du déremboursement

C’est cet ensemble de constatations qui conduit l’EASAC à demander que les produits homéopathiques affichent, comme tous les autres médicaments, « des preuves vérifiables et objectives » concernant l’innocuité, la sécurité et la qualité.

Ils demandent qu’« à moins que démonstration n’ait été faite, par des tests rigoureux, qu’ils étaient efficaces et sans danger », ils cessent d’être remboursés. Ils souhaitent enfin que « les prétentions publicitaires relatives à leur efficacité et à leur sécurité » soient soumises à la production de preuves démontrables et reproductibles. Un rapport qui risque de donner quelques sueurs froides aux fabricants.