Tatouages: Certains pigments toxiques des encres finissent dans les ganglions

ETUDE Certains pigments toxiques présents dans les encres des tatouages, comme le dioxyde de titane, voyageraient dans l'organisme sous forme de nanoparticules...

20 Minutes avec agences

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Au Salon de Tatouage "La Cour des Miracles". 6/01/2011 Toulouse

Au Salon de Tatouage "La Cour des Miracles". 6/01/2011 Toulouse — Frédéric Scheiber/20MINUTES

Les encres utilisées pour les tatouages contiendraient des composants toxiques qui, sous forme de nanoparticules, pourraient voyager dans l’organisme des personnes tatouées. Chez ces dernières, la présence de dioxyde de titane, une substance présente dans les pigments blancs de tatouage, a ainsi été détectée au niveau des ganglions lymphatiques.

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Dioxyde de titane, nickel, chrome, manganèse, cobalt…

C’est ce que révèle une étude menée par des chercheurs allemands et français, publiée ce mardi dans Nature et reprise sur le site du Synchrotron européen de Grenoble (ESRF).

Outre le dioxyde de titane, qui intervient également dans la composition de certaines encres de tatouage colorées, les substances utilisées par les tatoueurs sont aussi susceptibles de contenir des conservateurs et des contaminants comme le nickel, le chrome, le manganèse ou le cobalt.

Gonflements et démangeaisons

Mais le dioxyde de titane reste une préoccupation majeure des auteurs de l’étude. « Cela peut conduire à un gonflement chronique et à une exposition permanente. […] La cicatrisation lente, le gonflement localisé de la peau, les démangeaisons parfois constatées après un tatouage, sont autant d’effets indésirables associés à des tatouages blancs, et donc à l’usage du dioxyde de titane », indique-t-on à l’ESRF.

L’inquiétude des spécialistes est d’autant plus grande que, sous forme de nanoparticules, les caractéristiques et propriétés des pigments sont mal connues. En utilisant des rayons X ultra-puissants, les scientifiques ont toutefois pu établir que les substances utilisées lors d’un tatouage pouvaient être transportées dans l’organisme par les cellules immunitaires, le sang ou les fluides lymphatiques.

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Un conseil : se renseigner sur la composition des encres

Les chercheurs doivent désormais tenter d’établir un lien direct entre les effets indésirables des tatouages et les pigments utilisés.

En attendant, ils conseillent aux futurs tatoués de se renseigner sur la composition des encres choisies par leur tatoueur tout autant qu’ils le font déjà sur le niveau d’hygiène des salons.

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