Fumer provoque un changement des cellules du poumon propice au cancer

ETUDE Chez les fumeurs chroniques, la cigarette inhiberait les gênes censés protéger les cellules du poumon contre le cancer…

20 Minutes avec agences

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Illustration cigarette

Illustration cigarette — ERIC FEFERBERG / AFP

Le tabagisme chronique provoquerait une transformation des cellules pulmonaires, rendant ces dernières plus fragiles face à l’éventuel développement d’un cancer. Le phénomène serait dû à la « désactivation » des gènes habituellement actifs dans la protection de ces cellules des poumons. C’est ce qu’indiquent des chercheurs dans une étude publiée ce lundi dans la revue scientifique américaine Cancer Cell.

Des changements observés après 10 jours

Pour arriver à leur conclusion, les spécialistes ont exposé pendant 15 mois des cellules pulmonaires humaines à un liquide reproduisant les effets de la consommation d’un à deux paquets de cigarette par jour pendant 20 à 30 ans. Après environ dix jours, ils ont observé des changements génétiques dans les cellules qui après 15 mois les prédisposaient davantage à un cancer.

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Les chercheurs n’ont cependant pas relevé de mutation de l’ADN. Ils en déduisent donc que les fumeurs qui décident de stopper la cigarette verront diminuer le risque de souffrir de la maladie. Quant aux personnes qui ne fument pas, elles « ont un risque très faible de cancer pulmonaire », indique Stephen Baylin, codirecteur du programme de biologie du cancer à la faculté de médecine de l’université américaine Johns Hopkins et coresponsable de l’étude.

Constat identique pour les cigarettes électroniques ?

Les scientifiques tiennent cependant à préciser que leurs travaux, réalisés en laboratoire, pourraient ne pas refléter des mécanismes en action chez de véritables fumeurs de longue durée. Il n’est par ailleurs pas possible de déterminer si les constats des spécialistes s’appliquent aussi aux cigarettes électroniques ou au tabac consommé sous d’autres formes.

Mais les chercheurs estiment malgré tout avoir franchi une étape notable dans la compréhension des phénomènes « épi-génétiques » intervenant dans la transformation d’une cellule saine en cancer du poumon.

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