Le vaccin Gardasil 9 permet de réduire de 90 % le risque de cancers du col de l’utérus, selon une étude de l’université américaine d’Alabama, à Birmingham, publiée ce mardi dans The Lancet. Il ferait mieux que son prédécesseur.

Pour lutter contre les papillomavirus humains

Le cancer du col de l’utérus peut avoir pour origine une infection à papillomavirus humains (HPV), qui se transmet par contacts sexuels. Dans la plupart des cas, le virus s’élimine naturellement et l’infection n’a pas de conséquence.

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Mais cette dernière peut néanmoins persister et provoquer la formation de lésions « précancéreuses » au niveau du col de l’utérus. Le cancer peut alors se développer dans un délai de 10 à 20 ans.

Efficace contre de nouvelles infections

Le Gardasil 9 contient cinq génotypes d’infections HPV de plus que la précédente version. Ces cinq éléments sont responsables de près de 20 % des cancers cervicaux et de 30 % des lésions précancéreuses du col de l’utérus.

Pour mener leur étude, les scientifiques ont alors suivi 14.215 femmes dans 18 pays différents. La moitié d’entre elles avait été vaccinée avec le Gardasil, l’autre moitié avec le Gardasil 9.

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La nouvelle version du vaccin est aussi efficace contre les quatre génotypes d’HPV déjà inclus dans l’ancienne version. Surtout, les résultats ont montré une efficacité de 97,4 % du Gardasil 9 pour prévenir les infections et les pathologies causées par les cinq génotypes supplémentaires.

« Le défi est de faire en sorte que le nouveau vaccin soit largement utilisé »

Le vaccin reste la meilleure protection contre le cancer du col de l’utérus selon les autorités sanitaires. En 2017, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande ainsi de vacciner les jeunes filles avec le Gardasil 9 à deux doses entre 11 et 14 ans et à trois doses entre 15 et 19 ans. Pour la première fois, l’autorité préconise également la vaccination jusqu’à 26 ans chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu’à 26 ans.

« Aucun doute, le vaccin fonctionne, confirme le professeur Warner Huh, auteur principal de l’étude américaine. Le défi est de faire en sorte que le nouveau vaccin soit largement utilisé ». Le défi est de taille. En France, la couverture vaccinale est en diminution constante depuis 2010.