La prise à forte dose et de façon prolongée de vitamines B6 ou B12, généralement utilisées pour remédier aux carences et protéger des risques de cancer du poumon, augmenterait de deux à quatre fois le risque de développer la maladie.

C’est ce que révèle une étude, la première sur les effets à long terme de ces compléments dans la survenue des cancers, publiée mardi dans la revue américaine Journal of Clinical Oncology.

Près de 77.000 patients testés

Les chercheurs ont recueilli des informations relatives à l’utilisation des compléments en vitamine B au cours des dix dernières années auprès de 77.000 patients âgés de 50 à 76 ans. Ils ont pris en compte différents facteurs comme le tabagisme, l’âge, la taille, la consommation d’alcool ou les antécédents médicaux.

Les fumeurs seraient particulièrement concernés par ce danger. Ceux qui ont pris plus de 20 milligrammes de vitamine B6 ou 55 milligrammes de vitamine B12 par jour pendant dix ans ont eu un risque plus accru de développer un cancer du poumon que ceux qui n’ont pas pris de vitamines.

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Le surdosage à l’origine du risque de développement de cancer du poumon 

Le plus grand danger provient d’un surdosage de ces vitamines, au-dessus des recommandations alimentaires (100 à 300 microgrammes par jour de vitamine B6 et de 2 microgrammes de vitamine B12).

Si l’alimentation seule ne permet pas d’atteindre ces seuils à risque, les compléments le permettent. Ils ont pourtant été largement prescrits pour réduire précisément le risque de développement d’un cancer du poumon.