La Haute autorité de santé (HAS) a annoncé le 28 juin dernier avoir inclus dans son programme de travail la rédaction de deux documents contribuant à une meilleure prévention de la plagiocéphalie, plus connue sous le nom de syndrome de la tête plate.

Un texte d’information pour le public et une « fiche-mémo » à destination des professionnels de santé devraient être rédigés. Le but est d’alerter sur les risques liés à cette pathologie des nouveau-nés qui toucherait 16 % des nourrissons de six semaines d’après une étude canadienne de 2011.

Augmentation des cas

C’est à la demande de l’association Le Lien, qui a fait jouer son «  droit d’alerte » que la HAS a décidé de se pencher sur le sujet, précise Sciences et Avenir.

L’organisme a justifié son choix par « l’augmentation de la fréquence d’asymétrie crânienne également nommée plagiocéphalie » constatée « depuis la mise en œuvre des recommandations de couchage sur le dos pour prévenir la mort subite du nourrisson ».

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Des risques pour la colonne vertébrale

Depuis de nombreuses années, il est recommandé aux jeunes parents de coucher leur bébé sur le dos pour limiter les risques de mort par étouffement. Mais cette position peut aboutir à la déformation du crâne des nouveau-nés, encore malléable à cette période de la vie.

Autres effets indésirables possibles : une déformation de la mâchoire ou de la colonne vertébrale, explique l’association Le Lien.

Inquiétude des pédiatres

L’implication de la HAS inquiète cependant certains pédiatres qui redoutent une recrudescence des morts subites du nourrisson si les parents délaissent la position dorsale pour faire dormir leur bébé.

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« Toute démarche visant à proposer une alternative ne fait qu’augmenter le risque de mort évitable par étouffement », a ainsi estimé dans un communiqué l’Association nationale des centres référents sur la mort inattendue du nourrisson (Ancremin).

« Nous ne demandons pas d’abandonner le couchage sur le dos, mais on peut ne pas laisser le bébé toute la journée dans cette position », tempère Claude Rambaud, la présidente de l'association Le Lien.