La ministre de la Santé envisage de rendre obligatoire 11 vaccins infantiles

REFORME Aujourd'hui l'obligation de vaccination ne concerne que trois vaccins pour les enfants...

20 Minutes avec AFP

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Agnès Buzyn (à droite) et Marisol Touraine, ex-ministre de la Santé.

Agnès Buzyn (à droite) et Marisol Touraine, ex-ministre de la Santé. — MINISTERE SANTE/SIPA

Les visites de vaccination sont rarement une partie de plaisir pour les enfants. Et désormais ce ne seront plus trois mais onze vaccins qu’ils devraient subir. C’est en tout cas la volonté de la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Elle a déclaré réfléchir « à rendre obligatoire, pour une durée limitée, les onze vaccins destinés aux enfants », dans une interview au Parisien ce vendredi.

Pour une durée limitée de cinq à dix ans

Aujourd’hui seuls trois vaccins infantiles sont obligatoires : diphtérie, tétanos et poliomyélite et huit autres, dont la coqueluche, l’hépatite B ou la rougeole sont seulement recommandés, rappelle la ministre. « Ce double système est une exception française. Cela pose un vrai problème de santé publique », explique-t-elle, rappelant que « la rougeole réapparaît » et qu’elle a causé la mort de 10 enfants depuis 2008. « Le taux de couverture est de 75 % alors qu’il devrait être de 95 %. Nous réfléchissons donc à rendre obligatoires les onze vaccins (poliomyélite, tétanos, diphtérie, coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C) pour une durée limitée, qui pourrait être de cinq à dix ans », a indiqué la ministre.

Les laboratoires pharmaceutiques grands gagnants ?

« Dès que l’on parle d’obligation vaccinale cela déclenche des polémiques », prévient dans les colonnes du quotidien le professeur Alain Fischer, président de la concertation citoyenne sur les vaccinations. « Malheureusement il n’y a pas d’autres solutions pour lutter contre la recrudescence des maladies infantiles. » Pour Jacques Bessin, président de l’Union nationale des associations citoyennes de santé (UNACS), « Ce serait une hérésie », lui a-t-il répondu dans le journal.

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Car selon lui, « les vaccins ont des effets secondaires neurologiques, musculaires mal mesurés et parfois irréversibles ». Face à cette hostilité, la ministre répond qu’il « faut faire œuvre de pédagogie ». Confrontées aux critiques estimant que cette décision ferait la part belle aux laboratoires pharmaceutiques, Agnès Buzyn « refuse qu’on (lui) colle cette étiquette ». Ajoutant : « Oui, les industriels gagnent de l’argent mais on ne peut pas réduire la question de la vaccination à l’intérêt des laboratoires. »