Endométriose: Une étudiante lance une étude sur les effets… sur la vie sexuelle des hommes

POLEMIQUE Les femmes atteintes mettent souvent plusieurs années avant de se faire diagnostiquer…

Manon Aublanc

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Une femme souffrant de règles douloureuses.

Une femme souffrant de règles douloureuses. — Martin Lee / Rex Featur/REX/SIPA

Méconnue des médecins et du grand public, l’endométriose toucherait pourtant une femme sur dix. Et pour ces dernières, la vie quotidienne est très souvent un calvaire. En Australie, une étudiante a mené une étude pour comprendre les effets de la maladie sur… la vie sexuelle des hommes.

La maladie, qui se traduit par la présence de tissu utérin hors de l’utérus, reste majoritairement peu connue des médecins et des gynécologues. Cette maladie cause des lésions dont les cellules se comportent de la même façon que l’endomètre (la muqueuse utérine). Ces cellules vont « proliférer, saigner et laisser des cicatrices fibreuses à chaque cycle menstruel », explique l’Inserm. Comble de l’histoire, les fonds pour la recherche sur l’endométriose sont minimes.

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« Une étude sur l’impact de l’endométriose sur la vie sexuelle des hommes ? Rageant ! »

Alors quand une étude sur les conséquences de l’endométriose sur la vie sexuelle des hommes est annoncée, Imogen Dunlevie, étudiante atteinte de la maladie, s’indigne.

Menées par Jane Keany, une étudiante en master à l’université de Sydney, ces recherches ont pour but d’analyser les conséquences sur la vie sexuelle des hommes en couple avec une personne atteinte d’endométriose. Pour Imogen Dunlevie, atteinte de la maladie depuis ses 13 ans, le sujet est malvenu. Car ce sont d’abord les femmes touchées qui en souffrent et endurent les douleurs quotidiennes, handicapant leurs vies personnelles, sexuelles et professionnelles.

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Pour l’étudiante qui a mené les recherches, l’endométriose est « un problème de couple »

Dans une tribune publiée par le Guardian, Imogen Dunlevie explique : « Les études, comme celle-ci, donnent l’impression que la seule façon d’attirer l’attention sur l’endométriose est de montrer comment elle touche les hommes. Cela ne suffit pas que les femmes partagent leurs innombrables histoires de douleur et de souffrance, comment cela limite leur capacité à finir leurs études, à travailler à plein-temps ou même à faire l’amour. Cela ne suffit pas de décrire les opérations et les médicaments, les procédures envahissantes qui ne procurent que peu, voire pas du tout de soulagement. La seule façon d’amener les gens à s’y intéresser est de leur dire que les hommes sont aussi affectés. »

Jane Keany, l’étudiante à l’origine de cette étude a expliqué à ABC qu’elle comprenait les réactions, mais qu’il était nécessaire d’aborder la question des effets sur la vie sexuelle des hommes : « On peut facilement mal interpréter la maladie comme étant un problème de femme, mais je pense que c’est un problème de couple ». Imogen Dunlevie a, elle, expliqué qu’elle n’attaquait pas personnellement Jane Keany, mais qu’elle s’indignait sur le traitement de la maladie, dans un contexte « dans lequel la douleur des femmes n’est toujours pas reconnue ». « Nous arrivons déjà à peine à communiquer sur l’endométriose. Nous ne devrions pas commencer à parler de l’endométriose pour voir comment les hommes se sentent par rapport à la maladie, et particulièrement pas pour voir comment elle affecte leur vie sexuelle » a expliqué la jeune étudiante atteinte par la maladie.