Cancer: Vers un traitement à base de nanoparticules d'or?

SCIENCES Après s'être fixés sur les cellules cancéreuses, les microscopiques morceaux de métal sont éclairés par un rayon qui les fait chauffer, détruisant au passage les tumeurs...

20 Minutes avec agence

— 

Des lingots d'or (illustration).

Des lingots d'or (illustration). — SEBASTIAN DERUNGS / FILES AFP / AFP

Utiliser de l'or pour soigner le cancer. Ce nouveau type de traitement des cellules cancéreuses utilisant des nanoparticules d’or pour lutter contre la maladie fait l’objet de plusieurs essais cliniques aux Etats-Unis.

Injecter les nanoparticules d’or dans le système sanguin du patient

Les tests sur des animaux atteints de cancers de la prostate, du pancréas et du cerveau se sont avérés concluants. La méthode, qui fait appel à la photothermie et aux minuscules particules métalliques, est désormais utilisée sur des humains ayant développé des tumeurs au cou ou à la tête.

>> A lire aussi : Une prise de sang pour prévenir les séquelles de la radiothérapie?

La technique innovante des équipes médicales américaines consiste à injecter les nanoparticules d’or dans le système sanguin du patient. Ces éléments, en moyenne 100 fois plus petits que les cellules du corps humain, se déploient alors dans l’organisme et se concentrent naturellement au niveau des tumeurs cancéreuses, très riches en vaisseaux sanguins. C’est à ce stade qu’est mise à profit la capacité des nanoparticules d’or à entrer en résonance quand elles sont soumises à un rayon lumineux.

Un traitement non sans danger

Eclairés par un rayon particulièrement actif sur des particules de forme et de taille choisies à l’avance par les scientifiques, les minuscules morceaux d’or réagissent et se mettent à chauffer, conduisant à la destruction des tumeurs cancéreuses où ils s’étaient nichés. Ce recours à la photothermie n’est cependant pas sans danger.

Si les micro-particules sont inoffensives pour l’organisme humain, la lumière et ses effets doivent, eux, se limiter aux zones où se concentrent les tumeurs sans exposer le reste du corps à la chaleur destructrice. D’où la nécessité pour les spécialistes d’utiliser une lumière dont la fréquence est calculée pour activer l’or sans endommager les tissus sains.

>> A lire aussi : Nanoparticules, petites tailles mais grands effets escomptés sur les cancers

Bientôt au même rang que la chimiothérapie ?

Les chercheurs ont par ailleurs développé des variantes à la méthode principale. Ils ont, par exemple, recouvert les nanoparticules d’anticorps permettant de diriger ces dernières directement sur les cellules cancéreuses visées, rapporte Le Point. L’or a également été utilisé comme vecteur de médicaments diffusés au centre des tumeurs au moment de l’entrée en résonance.

La photothermie ouvre donc la porte à plusieurs possibilités d’avancées en matière de traitement du cancer et pourrait à terme rejoindre la chimiothérapie et la radiothérapie parmi les méthodes de traitement largement utilisées. Mais avant d’en arriver là, les spécialistes estiment que plusieurs années d’études sur la thérapie, ses effets et ses risques sont encore nécessaires.