Obésité, diabète, maladies cardiovasculaires... Une molécule promet les mêmes effets que l'exercice physique

ETUDE GW1516, substance dont auraient abusé certains athlètes durant les Jeux Olympiques de Pékin, brûle la graisse et augmente l'endurance...

20 Minutes avec agences

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Illustration course à pied.

Illustration course à pied. — M.LIBERT/20 MINUTES

Un espoir pour les sédentaires, les handicapés, les obèses et les cardiaques. Les chercheurs de l’Institut Salk de San Diego (Californie) viennent de démontrer l’efficacité d’une molécule qui brûle la graisse ou augmente l’endurance autant que l’exercice physique.

Baptisée GW1516 (GW), la substance a été initialement mise au point par les groupes pharmaceutiques britannique GlaxoSmithKline (GSK) et américain Ligand pharmaceuticals dans les années 1990 pour traiter des maladies du métabolisme et cardiovasculaires.

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Les souris ont couru durant 270 minutes sans être épuisées

Dans le résumé de leurs travaux publiés ce mardi dans la revue Cell Metabolism, les chercheurs expliquent que, glissée dans une pilule, GW fait brûler la graisse de l’organisme plus rapidement et le sucre plus lentement, tout en boostant l’endurance des sujets traités. Grâce à cette molécule expérimentale, les experts assurent ainsi être parvenus à faire courir des souris durant 270 minutes dans une roue avant que ces dernières soient épuisées.

Dans une précédente étude, ces scientifiques, menés par Ronald Evans, avaient déjà expliqué avoir découvert que des rongeurs génétiquement modifiés pour activer de manière permanente le gène PPAR delta (PPARD) devenaient naturellement des marathoniens, ne prenaient pas de poids et étaient très réactifs à l’insuline. Autant de qualités qui vont de pair avec la forme physique.

GW1516 a modifié l’expression de 975 gènes

Ils sont parvenus aux mêmes résultats avec GW1516 (GW) qui a modifié l’expression de 975 gènes et notamment celui jouant un rôle de booster d’endurance chez les souris. De plus, les gènes qui jouaient le rôle clé de brûleur de graisse devenaient plus actifs dans les muscles des souris tandis que ceux brûlant les sucres cessaient ou ralentissaient leur activité.

Enfin, ce gain d’endurance de 70 % chez les souris s’est également accompagné d’autres bienfaits pour la santé. Les rongeurs traités pendant deux mois avec la molécule GW ont pris nettement moins de poids et ont mieux contrôlé leur glycémie. Un bon point pour les diabétiques.

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« On sait déjà que l’on améliore son endurance par l’entraînement physique. Nous voulions comprendre le mécanisme de l’endurance et déterminer dans ce cas s’il était possible de remplacer l’exercice physique par un médicament », explique le professeur Evans de l’Institut médical Howard Hughes et patron de la chaire de biologie moléculaire à l’Institut Salk.

Dopage et dangerosité

Alors qu’il avait déjà été souligné il y a une dizaine d’années que la molécule GW pouvait potentiellement augmenter l’endurance, un marché noir de cette substance vendue comme complément alimentaire sous le nom d’Endurobol a été lancé dans les années 2000. Certains athlètes en ont même abusé durant les Jeux Olympiques de Pékin de 2008.

Interdite dès 2009 par l’Agence mondiale antidopage qui la jugeait dangereuse, GW n’a pas dit son dernier mot. Pour preuve, la molécule reste un sujet d’étude pour les scientifiques en raison de son important potentiel et cette dernière recherche est notamment financée par les Instituts américains de la santé (NIH).

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