Illustration de préservatifs.
Illustration de préservatifs. - Superstock / Sipa.

Il fait de plus en plus parler. Le « stealthing » (en français, « furtivité »), une pratique sexuelle consistant pour l’homme à retirer son préservatif lors d’un rapport sexuel sans prévenir sa ou son partenaire, est au cœur d’une enquête publiée il y a quelques jours dans le Columbia Journal of Gender and Law.

A l’origine de cette étude, Alexandra Brodsky, juriste au National Women’s Law Center. Elle a commencé à s’intéresser au phénomène il y a quatre ans, alors qu’elle était étudiante en fac de droit, après avoir appris que de telles pratiques se déroulaient sur son campus.

Des craintes de grossesses et de maladies

Fondée notamment sur des témoignages, l’étude montre que si les expériences vécues sont diverses, des points communs demeurent entre les victimes. En particulier la crainte de « grossesses non désirées et de maladies sexuellement transmissibles ».

Ensuite, « elles et ils ont fait l’expérience d’une violation claire de leur autonomie corporelle et de la confiance placée, à tort, dans leur partenaire », affirme l’étude. Pourtant, la plupart des victimes du « stealthing » peineraient à se reconnaître comme telles.

Une pratique parfois encouragée sur Internet

L’auteure souhaite d’ailleurs qu’une nouvelle régulation soit mise en place aux Etats-Unis pour que ces pratiques puissent être répertoriées au rang des violences sexuelles, au lieu d’évoquer simplement « une expérience sexuelle décevante ».

Car, si sur Internet des forums rassemblent les victimes, d’autres communautés en ligne encouragent largement la pratique, au nom d’un « instinct naturel masculin », procurant même des conseils pour berner son ou sa partenaire. Le « stealthing » y est notamment présenté comme un droit pour les hommes de « propager leur semence ».

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Le phénomène ne serait cependant pas réservé à la gent masculine. En effet, selon Alix Fox, experte en Sexe et relation chez Durex citée par le Huffington Post (en anglais), les femmes n’hésiteraient pas à compromettre « l’efficacité des préservatifs, en les perçant avec des trous difficiles à voir avec des aiguilles ou en les secouant/écrasant secrètement, afin de tomber enceintes ».

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