Comment lutter contre les déserts médicaux? Avec «Merci Docteur»

PRATIQUE Cette start-up propose des consultations ponctuelles de généralistes qui se déplacent dans les déserts médicaux...

Oihana Gabriel

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Merci docteur est une start-up qui propose des consultations de généralistes ponctuelles dans les désert médicaux.

Merci docteur est une start-up qui propose des consultations de généralistes ponctuelles dans les désert médicaux. — Merci docteur

Une idée qui pourrait intéresser bien des patients à la recherche d’un médecin pas trop loin… Et disponible d’ici 2018 ! En 2016, 5 % des Français vivent dans un désert médical et 30 % se trouvent à plus de 30 minutes d’un soignant. Développer la télémédecine, multiplier les maisons pluridisciplinaires de santé, limiter la liberté d’installation des médecins ou les encourager financièrement… Les propositions des candidats à l’élection présidentielle commencent à émerger pour aider ces déserts médicaux. Mais ce lundi, un nouveau service vient d’être récompensé par les trophées des services innovants. Zoom sur une idée d’avenir pour aider tous les Français à avoir accès à une bonne santé.

Les déserts médicaux, préoccupation des Français

C’est une des inquiétudes des Français. Selon un sondage Harris Interactive*, 72 % des Français estiment que les candidats ne parlent pas assez de santé et que les propositions de ces derniers ne répondent pas à leurs préoccupations personnelles. Et les mesures jugées les plus importantes touchent à la lutte contre les déserts médicaux et la limitation des coûts qui pèsent sur les patients.

fFace àce problème des déserts médicaux, qui s’accroît, Carine Zaouche, Charlotte Lajoux et Aymeric Du Mesnil, qui travaillaient dans des cabinets de conseil en santé, sont en train de mettre au point Merci Docteur. Cette start-up, lauréate des trophées des services innovants ce lundi, veut jouer les entremetteurs entre médecins et villes en quête de généralistes. En clair, elle propose à des mairies qu’un médecin intervienne pour des consultations conventionnées en secteur 1 une journée par semaine. Pour le moment, une dizaine de mairies ont répondu présentes et une ville bretonne va servir dès mai de pilote. « Notre conviction, c’est qu’entre l’absence totale de médecin et un temps plein, il y a des solutions ponctuelles », résume Aymeric Du Mesnil.

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« En France il y a assez de médecins par tête ! »

« Tous les jours, on rencontrait ce problème des hôpitaux dans certaines zones où les patients arrivent en urgence… trop tard, raconte Carine Zaouche. Les renoncements dans ces déserts médicaux se multiplient. Or, en France il y a assez de médecins par tête ! Mais ils sont concentrés dans les villes et sur les côtes. » Cette solution, des consultations une fois par semaine, répond donc aux besoins de santé… quand il n’y a pas urgence. Et d’ici juin les patients pourront réserver un créneau sur le site merci.doc.com ou par téléphone. Pourquoi pas une application ? « Malheureusement, les déserts médicaux sont souvent des déserts numériques », justifie Charlotte Lajoix. Et les personnes âgées ont rarement un smartphone.

Elargir aux spécialistes dans un deuxième temps

Concrètement, où ces généralistes pourront-ils exercer à temps partiel ? Si certains médecins peuvent s’installer dans une maison pluridisciplinaire, d’autres posent stéthoscope et ordonnances dans une salle de la maire ou de l’école mise à disposition et mise aux normes. « Mais on adapte notre offre en fonction des besoins des collectivités, souligne Aymeric Du Mesnil, co-fondateur de la start-up. Qui espère bientôt élargir son panel à des spécialistes. « C’est vrai que dans ces déserts médicaux, la priorité c’est de trouver des généralistes, reprend Aymeric Du Mesnil. Mais il est également difficile d’obtenir un rendez-vous chez un gynéco, ophtalmo et spécialiste ORL. »

Une régularité pour un meilleur suivi

De leur côté, ces médecins, volontaires, jeunes ou retraités, s’engagent à venir régulièrement dans cette ville à une heure maximum de voiture de leur domicile. Et sont indemnisés pour les frais de déplacement et les charges fixes de leur cabinet. « Ces médecins sont aussi là pour recréer du lien social, explique Carine Zaouche. Si les populations ont des intervenants différents chaque semaine, on risque de perdre la relation de confiance et de perturber les patients. »
 

* Enquête réalisée en ligne du 30 janvier au 7 février 2017. Échantillon de 2 000 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.