Pilule: «Ce n'est pas une solution de long terme à cause des effets secondaires et des risques sur la santé»

VOUS TEMOIGNEZ Alors qu’on fête cette année les 50 ans de la loi qui a autorisé la pilule, de plus en plus de Françaises se détournent de ce moyen de contraception…

Oihana Gabriel

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Des plaquettes de pilule contraceptive.

Des plaquettes de pilule contraceptive. — SERGE POUZET/SIPA

Contraignante, dangereuse, trop d’effets secondaires… Alors que la loi Neuwirth fête ses 50 ans en 2017, et qu’à cette occasion un timbre à l’effigie de Lucien Neuwirth sera vendu à partir de ce mercredi, de plus en plus de femmes se détournent de cette fameuse pilule qui a révolutionné la vie et la sexualité de bien des couples. D’abord porteurs de liberté, ces petits comprimés sont devenus synonymes de risques pour la santé pour bien des femmes. Selon l’enquête « Fécond » de l’Institut Nationale d’Etudes Démographiques (Ined), le recours à la pilule est passé de 50 % à 41 % entre 2010 et 2013. 20 Minutes a demandé à ses internautes pourquoi elles ont dit adieu à la pilule.

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Parce qu’elles l’oubliaient

Ofée Ly : « Je pouvais l’oublier 4-5 fois dans le mois malgré les alarmes du téléphone et mon homme qui me demandait tous les soirs si je l’avais bien prise ! Je lui ai préféré le stérilet sur le conseil de ma gynéco et depuis je suis heureuse ! Plus de prise de poids, pas besoin de penser à prendre quoique ce soit, on ne le change que tous les 5 ans… On vit avec sans y penser, sans s’en rendre compte. »

Fabgigny : « En ce qui me concerne après deux grossesses, mon choix s’est porté sur le stérilet. Car avec nos vies bien remplies, j’oubliais trop souvent la pilule. Plus besoin de mettre la pilule dans le sac à main au cas où on découche, plus besoin de mettre un rappel sur le téléphone, plus besoin de se demander si on l’a prise ou non et surtout la certitude d’être protégée d’une grossesse tout le temps. »

Parce qu’elles fumaient

Yo Almo : « J’ai changé plusieurs fois de pilule, pendant neuf ans et en même temps je fumais beaucoup, je me suis retrouvée aux urgences avec une thrombophlébite et deux maladies de la coagulation sanguine. La pilule ne fait pas bon ménage avec la cigarette ! »

A cause de nombreux effets secondaires désagréables

Elisabeth Haley Loïc : « Aucun souci de pilule pendant des années. Mais après ma grossesse, malgré avoir testé deux pilules différentes, j’ai pris 24kg ! Donc, finie la pilule. L’anneau vaginal est beaucoup mieux ! »

Laurine Lucas, 26 ans : « Durant plusieurs années, ma gynécologue m’a donné une pilule dite de 3e génération, puis on m’a dit que celle-ci pouvait déclencher certains cancers sur le long terme. J’ai alors pris une seconde pilule qui dans un premier temps m’a tout à fait convenu. Mais au bout de quelques mois, j’ai eu une grosse baisse de ma libido, des baisses de tension, des maux de tête et de ventre. Je suis repassée au préservatif et je préserve mon corps. »

La pilule a-t-elle un impact sur la libido ?

En réaction aux polémiques sur certaines pilules

Samantha Bouillant : « Personnellement, je prenais la pilule Jasmine, qui a été retirée du marché car considérée comme dangereuse et j’ai vu ma grande sœur lutter pour trouver LA pilule qui lui convenait. Du coup, aujourd’hui, j’ai un calendrier menstruel, qui m’envoie des alertes pendant les périodes d’ovulation (3 jours avant) et de menstruations. Je le vis très bien. »

Par peur des risques sur la santé

Marie Marguerite Ospital : « Risque de thrombose, de problèmes cardiaques… La pilule se prend trop tôt et trop longtemps pour qu’elle soit sans risque, donc non merci. »

Noé Mie : « La pilule a certes été une révolution, elle n’est pas une solution sur le long terme. Les effets secondaires sont vraiment intolérables, sans parler de l’augmentation du risque de cancer. La loi Neuwirth fête ses 50 ans et il faut se féliciter de l’avancée qu’elle a permise dans le mouvement d’indépendance de la femme, tout comme l’IVG d’ailleurs. Toutefois, 50 ans après, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, la recherche doit être capable de proposer des alternatives plus naturelles, en accord avec le corps et pas uniquement celui des femmes ! Les hommes doivent avoir leur part de responsabilité sur la question. »

Parce qu’elles ont eu des problèmes de santé avec la pilule

Cyrielle : « Contrairement à d’autres filles qui en sont mortes, j’ai eu de la chance : ma phlébite n’était montée qu’à la veine iliaque et n’avait pas atteint le stade d’embolie pulmonaire, je n’avais pas fait d’AVC… Mais j’ai gardé des séquelles de cette maladie. Ce n’est pas très grave en soi, maintenant j’ai repris le sport trois fois par semaine, je cours, je marche, je skie… Simplement, je sais que mes accouchements ne se dérouleront pas tout à fait comme les autres et que lorsque je prends l’avion plus de trois heures, je dois me piquer aux anticoagulants (merci ma peur des aiguilles)… »

Maï Len : « Après dix ans de pilule (j’ai changé trois fois de pilule à cause des effets secondaires comme les migraines) et deux phlébites dont une pendant la grossesse, j’ai dû choisir le stérilet comme moyen de contraception, après la naissance de mon fils. La pilule a créé une sorte d’intolérance aux œstrogènes. »

Soso : « J’ai pris la pilule (Meliane) pendant huit ans, et j’ai fait deux embolies pulmonaires en l’espace d’un mois. Hospitalisée pendant un mois, j’ai failli y passer… Nous étions trop mal renseignées et c’est honteux ! »

Delphine Berard : « J’ai commencé à prendre la pilule à 18 ans, je n’avais jamais eu de problèmes avec, pas d’effets secondaires, rien… jusqu’à mon AVC à 26 ans, une thrombophlébite cérébrale. Par chance, j’en suis sortie indemne, à part une certaine fatigue, mais maintenant, je suis interdite de pilule à vie. Faisant du sport, ne fumant pas, ne buvant pas, n’ayant pas d’antécédents familiaux, la pilule (la Varnoline) ne pouvait qu’être la seule cause. »

Pour une contraception plus naturelle…

Estelle : « Ce fut comme un électrochoc le jour où j’ai réalisé que cela faisait 10 ans déjà que je prenais la pilule. En parallèle, je commençais à m’intéresser de plus en plus à une façon de vivre autrement. Puis, j’ai consommé autrement : plus responsable, plus vert, plus respectueusement. Et j’ai voulu la même chose pour mon corps : stop les hormones. Dix ans que j’empoisonnais mon corps avec une pilule que j’avalais chaque jour sans trop savoir ce qu’elle contenait, sans savoir quels seraient les effets dans dix ans. »

Laëtitia Benedetti : « J’ai pris la pilule très longtemps et eu beaucoup d’effets secondaires : prise de poids, perte de cheveux, baisse de libido. Avec l’implant hormonal ça a été pire ! Aujourd’hui, je suis l’évolution de mes cycles avec la symptothermie. Au moins c’est naturel et n’a pas d’impact sur l’environnement et on est vraiment à l’écoute de notre corps ! »

Parce qu’elles ont des contre-indications médicales

Valérie Moizan : « La pilule m’est fortement déconseillée à cause de mon haut risque de cancer du sein mais aussi parce que je suis sous traitement antiépileptique ! Le stérilet cuivre était un super compromis, mais j’ai eu une actinomycose sur stérilet avec cellules cancéreuses donc fini ! Alors j’ai ligaturé. »