Tampons hygiéniques: Choc toxique, fréquence, virginité… On répond à toutes vos questions

SANTE Syndrome du choc toxique, fréquence de changement, composition: 20 Minutes répond à toutes les questions que vous vous posez sur les tampons...

Anissa Boumediene

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Pour ses règles, une femme utilisera entre 12.000 et 15.000 tampons et autres serviettes hygiéniques dans sa vie.

Pour ses règles, une femme utilisera entre 12.000 et 15.000 tampons et autres serviettes hygiéniques dans sa vie. — L.VENANCE / AFP

Il y a celles qui préfèrent les serviettes, et les autres, qui se sont essayées à la coupe menstruelle. Mais pour de nombreuses femmes, les tampons hygiéniques constituent la protection périodique la plus pratique. Au total, chaque femme utilisera entre 12.000 et 15.000 protections périodiques pour ses règles tout au long de sa vie. De quoi s’interroger sur ces dispositifs et leur éventuel impact sur la santé. Des considérations pratiques aux questions sur la composition des tampons en passant par les craintes liées au syndrome du choc toxique (SCT), 20 Minutes a proposé à ses internautes de transmettre ses  questions. Et voici venu le temps d’y répondre.

De Nathalie : Peut-on porter des tampons quand on est vierge ? Et à partir de quel âge peut-on en porter ?

Quand on est une jeune adolescente, on peut légitimement se poser des questions sur la toute première utilisation de tampons et parmi elle, « la crainte de perdre sa virginité est très fréquente, confirme le Dr David Elia, gynécologue obstétricien à Paris. Mais rassurez-vous, c’est impossible, ce n’est qu’une idée reçue ».

Par ailleurs, il n’y a pas non plus d’âge minimum pour commencer à porter des tampons. Toutefois, « chacune a une anatomie différente, certaines ont des hymens plus tendus que d’autres, d’autres peuvent se sentir mal à l’aise ou stressées à l’idée de porter leurs premiers tampons, a constaté le gynécologue. Il n’existe aucune contre-indication liée à l’âge, il faut simplement être prête et respecter les consignes d’utilisation ». Et pour les premières utilisations, opter pour des tampons avec applicateur peut-être plus facile.

De Aurore : Peut-on continuellement utiliser des tampons jour et nuit ou faut-il mieux alterner tampon le jour et serviette hygiénique la nuit ?

Ces deux types de protections hygiéniques ne présentent aucune contre-indication particulière, alors serviette ou tampon, c’est avant tout un choix personnel et une question de confort. En revanche, « il est recommandé de changer de tampons toutes les 4 heures et si une femme préfère porter un tampon la nuit, il ne faut pas dépasser un délai de 8 heures sans se changer », insiste le Dr Elia. Au-delà, « mieux vaut porter des serviettes », poursuit le gynécologue.

De Ariane : De quoi sont composés les tampons ?

« Les tampons sont composés de coton, de rayonne, ou d’un mélange des deux, indique le Dr Elia. Et certains sont entourés d’un voile en rayonne ou en polyester pour faciliter l’insertion et le retrait ». Interrogé par 20 Minutes, Tampax précise que la rayonne employée dans ses tampons « désigne la viscose, une fibre artificielle dérivée de cellulose », que l’on appelle également soie artificielle.

De Batoch : Pourquoi la composition des tampons n’est-elle pas indiquée sur les boîtes ?

C’est une question qui agite le débat public depuis un moment. A tel point que la pétition lancée il y a quelques mois par Mélanie Doerflinger sur Change.org a recueilli plus de 258.000 signatures. Interrogé par 20 Minutes, Tampax explique que « c’est un projet auquel [elle] a réfléchi en interne, afin d’apporter la meilleure information aux consommatrices, et dès le printemps 2017, la composition des tampons figurera sur l’extérieur des packs », indique le leader mondial des tampons hygiéniques, qui rappelle que « la composition des tampons figure cependant sur les notices contenues dans les boîtes de tampons ainsi que sur le site de la marque ».

De Fani : Bonjour, l’utilisation prolongée de tampons peut-elle être responsable de mycoses ?

S’il est tentant de faire le lien, les mycoses ne sont pourtant pas causées par le port de tampons. « Ce qui provoque des mycoses, c’est un pH trop acide, ou une absence d’immunité, explique le gynécologue. En revanche, dans le cas de mycoses chroniques, les règles peuvent favoriser leur apparition dans les jours précédents le début des menstruations ».

De Qinah01 : Les tampons peuvent-ils être à l’origine de migraines ou de forts maux de tête ?

« Absolument pas, répond le Dr Elia. C’est la chute temporaire des œstrogènes, ces hormones fabriquées par les ovaires, qui, en plus de provoquer les règles, peut causer des migraines menstruelles ».

De Cilia : Qu’est-ce que le syndrome du choc toxique ?

« Le SCT est causé par un staphylocoque doré ou un streptocoque, indique le gynécologue David Elia. On retrouve ces germes sur le nez, la bouche, la gorge, le vagin ou encore sur les mains, sans qu’il n’y ait de conséquences sur la santé. Mais sous certaines conditions, ce staphylocoque peut provoquer la libération de toxines hautement pathogènes (TSST-1). Mais le SCT implique une conjonction de facteurs : il faut également que la personne qui en est porteuse ne fabrique pas d’anticorps contre cette toxine TSST-1, ce qui est très rare ». En pratique, le SCT touche majoritairement des femmes, et 55 % des cas féminins de SCT sont liés aux règles. Mais « il est important d’adapter le degré d’absorption de ses tampons à son flux ». En clair : si au cours des règles il y a un moment où le flux est abondant et que l’on a un flux plus faible ensuite, on portera d’abord un tampon plus absorbant, puis un tampon plus fin.

Côté symptômes, le SCT peut faire penser à la grippe : fièvre soudaine, vomissements, diarrhée, maux de gorge, douleurs musculaires, évanouissement voire éruption cutanée. Dans ce cas, il faut immédiatement retirer son tampon et consulter son médecin.

De Ecxtaze : Quel est le taux exact de dioxine (l’une des causes de la recrudescence des cancers de l’utérus) contenu dans les tampons ? S’il y a d’autres substances toxiques, merci de me les signaler. 

Tout d’abord, « il n’existe absolument aucun lien entre dioxine et cancer du col de l’utérus », corrige le Pr Marc Pallardy, toxicologue.

Par ailleurs, si l’étude menée par 60 Millions de consommateurs a révélé la présence de traces de glyphosate (le fameux Roundup) et de dioxine dans les protections périodiques, « il faut rappeler qu’il ne s’agit que de traces, insiste le toxicologue. C’est-à-dire que les quantités retrouvées sont si faibles qu’elles ne peuvent être quantifiées », ajoute-t-il, précisant que « la réglementation européenne en la matière est extrêmement stricte. Les tampons commercialisés en France sont tout à fait sûrs et sans risque ».