Illustration d'une tique.
Illustration d'une tique. - AP/SIPA

Alors que le gouvernement a lancé en septembre un « plan national » contre la maladie de Lyme, une pommade antibiotique aurait, dixit l’AFP, prouvé son efficacité contre cette affection transmise par les tiques.

A base d’azithromycine [un antibiotique notamment utilisé dans la prise en charge des angines et des bronchites] et appliquée durant trois jours, 72 heures au plus tard après la morsure de la bête, la solution se serait révélée efficace à 100 %, selon des tests réalisés auprès d’un échantillon de plus de 1.000 patients volontaires.

Cette « pommade miracle » n’existe pas

En effet, « aucun n’a développé de borréliose de Lyme », aurait souligné Bernd Jilma, de l’université de médecine de Vienne (Autriche), coordinateur de cette étude publiée dans la revue britannique The Lancet Infectious Diseases.

Reste que ce n’est pas le cas. Erreur de traduction ou mauvaise interprétation ? Il s’avère que cette « pommade miracle » n’existe pas encore et l’étude ne s’est pas avérée concluante concernant la séroconversion (recherche des anticorps), un de ses principaux objets. « L’essai a été arrêté de manière anticipée parce que l’amélioration (…) pour le groupe recevant l’azithromycine, n’a pas été atteinte. À huit semaines, 11 des 505 patients sous azithromycine (2 %) et 11 des 490 patients du groupe placebo (2 %) [ont pu constater] l’échec du traitement », est-il d’ailleurs écrit dans l’extrait de l’étude consultable gratuitement sur Internet.

200.000 nouveaux cas par an en Europe

L’université de médecine de Vienne a ainsi précisé ce jeudi à l’AFP que ses recherches sur l’efficacité de cette pommade antibiotique devaient être confirmées par « une étude indépendante de grande ampleur ».

« Ce résultat portait sur l’érythème migrant, premier symptôme de la maladie dans 80 % des cas », a souligné le coordinateur des recherches, Bernd Jilma, reconnaissant toutefois que deux patients traités à l’azithromycine avaient développé des symptômes après trente jours.

Si les tests de détection de la maladie de Lyme restaient « peu fiables », l’absence première d’apparition de symptômes chez les patients traités à l’azithromycine représente toutefois une « piste intéressante » et « appelle de nouvelles études » spécifiquement dédiées, a souligné le Dr. Jilma.

Une bonne nouvelle lorsque l’on sait que la maladie de Lyme est en pleine expansion en Europe avec 200.000 nouveaux cas par an. Non détectée et traitée à temps, la borréliose peut conduire à de graves complications neurologiques et articulaires.

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