JOURNEE MONDIALE CONTRE LE SIDA - Roselyne Bachelot est ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports...
Quels sont les engagements du gouvernement pour diminuer la transmission du VIH ?
La lutte contre le sida a d’abord besoin de moyens financiers : j’ai souhaité augmenter les budgets qui lui sont alloués, ils atteindront plus de 37 millions d’euros en 2008. Nous poursuivons sans relâche un travail de prévention qui bénéficie d’un budget de plus de 23 millions d’euros. Mais le maillon essentiel reste le soutien aux associations, elles sont un relais indispensable. Nous allons mener des actions spécifiques en direction des populations prioritaires : homosexuels, migrants et habitants des départements français d’Amérique.
Les associations de lutte contre le sida ont beaucoup critiqué la future mise en place de franchises médicales sur les soins. Que leur répondez-vous ?
Je sais que les franchises représenteront un effort pour certains foyers modestes. C’est pour cela que les bénéficiaires de la CMU, les femmes enceintes et les mineurs en seront exonérés, soit plus de 15 millions de personnes. Nous avons aussi prévu un plafond : les franchises seront limitées à 50 € par an, soit 4 € par mois. Je crois qu’il est aussi important de rappeler que cet effort de solidarité sera utilisé pour financer la lutte contre le cancer, contre la maladie d’Alzheimer, pour développer les soins palliatifs qui sont des enjeux de santé publique fondamentaux. Et cet effort demandé aux Français reste très inférieur par rapport à ce qui existe dans la plupart des pays d’Europe.
Comment comptez-vous améliorer le dépistage ?
Les tests rapides pourraient être une solution. Nous devons chercher leur place dans les stratégies de dépistage. C’est pourquoi j’ai souhaité organiser une concertation avec les associations et d’autres partenaires institutionnels impliqués dans ce projet afin de définir rapidement les conditions d’une expérimentation.
Recueilli par X. H et S. C.
Unitaid, c'est quoi?
Depuis un an, une taxe sur les billets d’avion permet de financer la baisse du prix des antirétroviraux pour les pays du Sud.L’organisation Unitaid a déjà délivré des traitements dans 38 pays et négocié des réductions de 40 % sur 25 médicaments. Membre du conseil d’administration, Act Up-Paris se félicite de ce succès mais pointe le problème de la distribution sur place. « Si il n’y a pas plus de soignants sur le terrain, les médicaments pourraient pourrir sur les étagères, à quelques mètres des mourants. »