Mgr Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France.
Mgr Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France. - BERTRAND GUAY

Les sites Internet dissuadant les femmes d’avorter sous couvert de les informer sur l’interruption volontaire grossesse (IVG) vont-ils rester en ligne ? Mgr Georges Pontier le souhaite. Le président de la Conférence des évêques de France en a appelé directement à François Hollande.

L’archevêque de Marseille souhaite que le chef de l’Etat fasse barrage à la création d’un délit d’entrave numérique à l’IVG qui doit être discuté ce jeudi à l’Assemblée. Dans une lettre publiée lundi soir, l’homme d’Eglise dénonce ainsi une atteinte « grave » aux libertés.

« Un précédent grave de limitation de la liberté d’expression sur Internet »

La proposition de loi qui propose d’élargir le délit d’entrave à l’IVG vise les sites Internet anti-IVG qui diffusent des informations « biaisées » sur l’avortement. Ce texte, soutenu par la ministre des Familles Laurence Rossignol, provoque une vive opposition dans les milieux catholiques et les rangs d’une partie de la droite parlementaire. Il a également nourri un clash entre députés LR et PS la semaine dernière en commission, au détour de l’évocation par un socialiste de la polémique sur l’IVG entre Alain Juppé et François Fillon.

Dans un courrier adressé au président Hollande, Mgr Pontier estime, lui, que la proposition de loi « constituerait, malgré ce qu’affirment ses dépositaires, un précédent grave de limitation de la liberté d’expression sur Internet », qui « ne peut être à plusieurs vitesses suivant les sujets ».

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« Une atteinte très grave aux principes de la démocratie »

« Une limitation d’autant plus grave qu’elle touche à des questions de liberté de conscience » souligne l’archevêque de Marseille qui voit là « une atteinte très grave aux principes de la démocratie ». Mgr Pontier s’interroge : « Le moindre encouragement à garder son enfant peut-il être qualifié sans outrance de "pression psychologique et morale" ? »

« Ces questions mériteraient pour le moins, comme cela a été le cas sur la fin de vie, un vrai débat parlementaire et citoyen », conclut le président de la CEF, qui « ose espérer » que François Hollande ne laissera « pas une telle mesure arriver à son terme ».

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