Etude des maladies digestives, tests de nouveaux traitements, greffes… Des chercheurs du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center (Etats-Unis) et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale ( Inserm) de l'université de Nantes ont réussi à créer, à partir de cellules souches, un mini-intestin humain fonctionnel qui pourrait, à terme, offrir de multiples applications.

Les mini-intestins greffés sur des souris

Les résultats de leurs travaux sont parus lundi dans la revue Nature Medicine. Pour créer cet organe en 3D, ces experts américains et français ont, d’une part, conduit des cellules souches humaines à évoluer en tissu intestinal, selon un processus déjà utilisé auparavant.

En parallèle, ils ont créé des cellules nerveuses à un stade embryonnaire particulier pour obtenir des cellules précurseurs du système nerveux intestinal, et les ont incorporées dans le tissu intestinal. Ils ont alors obtenu un tissu humain semblable à un intestin fœtal en développement.

Ces « mini-intestins » ou « organoïdes » ont ensuite été greffés sur des souris afin d’en observer le développement et le fonctionnement. Maxime Mahé, chargé de recherche à l’Inserm à l'université de Nantes, coauteur de ce travail, estime d’ailleurs « très possible que ce mini-organe se développe proportionnellement à la taille de l’hôte ».

Des applications « virtuellement multiples »

Selon le chercheur, les applications de cette avancée sont « virtuellement multiples ». Les scientifiques espèrent notamment pouvoir étudier des maladies digestives comme la maladie de Hirschsprung, une pathologie occasionnant constipation et occlusion intestinale.

Ce organoïde permettra également de tester de nouveaux traitements. Autres possibilités : l’étude du diabète ou des modifications induites par la chirurgie bariatrique de l’obésité, notent les chercheurs.

>> A lire aussi : Maladies chroniques de l’intestin: Un lourd impact sur le quotidien des patients

Cette technologie leur permet aussi d’envisager, à terme, une médecine régénérative avec des greffes personnalisées. Elle « permettra un jour de faire pousser une section d’intestin sain pour le greffer à un patient », selon le Dr Michael Helmrath, coauteur américain de l’étude.