Illustration d'une mannequin anorexique
Illustration d'une mannequin anorexique - WILLIAM WEST / AFP

Des chercheurs en neurosciences de l’université du Colorado (Etats-Unis) viennent de lever le voile sur le mécanisme qui régule l’appétit chez les patients souffrant d’anorexie. Dans leurs travaux récemment publiés dans la revue Translational Psychiatry, nos experts expliquent avoir trouvé une explication neurologique à cette maladie.

Selon eux, les malades ignoreraient la sensation de la faim, alors que leur cerveau serait complètement déréglé et que les structures cérébrales « régissant normalement la récompense gustative et la régulation de l’appétit » seraient totalement inversées.

Altérations de la matière blanche et hypothalamus paumé

Pour en arriver à ces conclusions, nos experts ont suivi 26 femmes anorexiques, 25 boulimiques et 26 femmes qui n’avaient aucun trouble alimentaire. Toutes ont passé un IRM alors qu’elles buvaient de l’eau sucrée, ce qui a permis aux scientifiques d’observer les différences de réactions au niveau des connexions neuronales situées dans la zone qui régule l’appétit.

Bilan : chez les volontaires atteintes de boulimie et d’anorexie, les clichés IRM ont mis en évidence des altérations de la matière blanche chargée, en temps normal, de transporter l’information entre l’hypothalamus et le cerveau. Les universitaires ont également noté que l’hypothalamus ne remplissait plus son rôle. Au lieu de recevoir les signaux de la faim, il les envoie lui-même. Le circuit étant détourné, les signaux se perdent et la sensation de faim est perturbée, voire ignorée.

>> A lire aussi : Anorexie: Les malades seraient victimes d'une addiction au plaisir de maigrir

Une cause ou une conséquence des troubles alimentaires

« En temps normal, la région du cerveau responsable de l’appétit devrait vous faire quitter votre chaise et chercher quelque chose à manger. Chez les patientes atteintes d’anorexie ou de boulimie, ce n’est pas le cas », résume le Dr Guido Frank, auteur principal de l’étude et professeur de psychiatrie et de neurosciences.

En termes cliniques, « on parle de la primauté de l’esprit sur la matière », ajoute le Dr Guido Frank, qui, avec son équipe de chercheurs, s’active aujourd’hui pour tenter de comprendre si ce phénomène est une cause ou une conséquence des troubles alimentaires. Dans ce cadre, de nouvelles recherches vont être menées, notamment
sur des enfants issus de familles où les troubles du comportement alimentaire sont fréquents.

Mots-clés :