Cancer de la prostate: Un test de dépistage non recommandé reste très fréquent

SANTE MASCULINE Selon la Haute Autorité de santé, le bénéfice du dépistage par dosage sanguin du PSA n’est pas démontré…

20 Minutes avec AFP

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Illustration prise de sang

Illustration prise de sang — JS EVRARD/SIPA

Dépister ou de ne pas dépister, là serait la question ? La fréquence du dépistage du cancer de la  prostate par le test PSA, qui n’est pas recommandé par les autorités sanitaires, reste élevée en France chez les hommes à partir de 40 ans, selon une étude parue mardi.

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Des dépistages en hausse

Entre 2013 et 2015, 48 % des hommes de 40 ans et plus avaient eu au moins un dosage de PSA et ils étaient autour de 90 % entre 65 et 79 ans, selon une étude actualisée (2009-2015) de l’Assurance maladie et de médecins de l’Association française d’urologie, publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence Santé publique France.

La proportion d’hommes de 40 ans et plus sans cancer de la prostate repérable dans la base de données gérée par l’Assurance maladie et ayant eu au moins un dosage de PSA dans l’année, autour de 30 % en 2009 et 2011, diminuait à 26,6 % en 2014. Mais cette proportion est remontée à 28,9 % en 2015, représentant 3,4 millions d’hommes. Cette même année 2015, 45.046 cancers de la prostate ont été nouvellement pris en charge, selon l’étude.

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Une utilisation « massive » du dépistage du cancer par dosage du PSA ?

Le PSA (antigène prostatique spécifique) est normalement présent dans le sérum des hommes à une faible concentration. Il augmente en cas de cancer de la prostate, mais aussi lors de pathologies non cancéreuses (hypertrophies bénignes, prostatites). Son taux normal n’écarte pas la présence d’un cancer, selon l’agence du médicament ANSM.

Dès 2012, l’Assurance maladie avait tiré la sonnette d’alarme, relevant une utilisation « massive » du dépistage du cancer de la prostate par dosage sanguin du PSA, contrairement aux recommandations de la Haute autorité de santé (HAS). Cette pratique est cause de surdiagnostic et de surtraitement de cancers latents, peu agressifs et de bon pronostic. Elle est aussi reliée à la forte hausse de l’incidence de ce cancer entre 1990 et 2005 (+6,6 % en moyenne par an).

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Le bénéfice de ce dépistage reste à démontrer

Les pratiques en matière de dépistage vont-elles dès lors devoir changer ? Selon la HAS, le bénéfice d’un tel dépistage n’est pas démontré « en termes de réduction de mortalité globale ».

Les hommes atteints d’un cancer localisé de la prostate ont peu de risque d’en décéder dans les dix années suivant le diagnostic, qu’ils aient ou non subi une intervention chirurgicale ou une radiothérapie, selon une étude récemment parue dans le New England Journal of Medicine.

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Les troubles urinaires et les dysfonctionnements sexuels sont plus fréquents chez les patients traités pour un cancer localisé, mais ces derniers, rapportent dix ans après leur traitement une qualité de vie globale comparable à celle des témoins du même âge, selon l’étude Qalipro publiée dans ce numéro du BEH consacré à ce cancer masculin.