Gastro-entérite: Comment éviter la contagion dans les bureaux?

EPIDEMIE Alors que l’épidémie de gastro-entérite a trois mois d’avance, « 20 Minutes » fait le point sur les vrais risques d’attraper cette maladie au bureau…

Oihana Gabriel

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Un rouleau de papier toilette. Illustration.

Un rouleau de papier toilette. Illustration. — Jacquemart Isopix Sipa

Vous risquez d’hésiter à serrer la main de vos collègues demain. La gastroentérite n’a pas attendu les températures hivernales et l’excès de foie gras : dès début octobre, certaines régions de France ont subi le début de l’épidémie... avec trois mois d'avance. En effet, cette maladie a touché 225 000 Français la semaine du 10 au 16 octobre,  selon l’Irsan, l’Institut de surveillance des épidémies de grippe et de gastro, qui s’appuie sur des données fournies par SOS Médecins. Dans certaines entreprises, les arrêts maladie et teints verdâtres se multiplient. Quels sont les bons réflexes à prendre pour éviter l’épidémie généralisée à toute la boîte ?

« Le plus important, c’est l’hygiène des mains »

« C’était plutôt par le haut ou le bas ? » Voilà le genre de délicates réflexions des collègues au retour d’un congé maladie ces dernières semaines. Car la gastro-entérite, infection du système digestif, a déjà frappé. Et dans les bureaux, certains s’interrogent sur les bonnes pratiques à mettre en place. « L’arrêt maladie n’est pas automatique pour une gastro », souligneOlivier Spatzierer, gastro-entérologue à l’hôpital américain à Paris. Au risque de contaminer les collègues… « La transmission se fait davantage au domicile qu’au travail », rassure Laurent Beaugerie, gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine. Le plus important, c’est l’hygiène des mains. » En effet, ce pic de gastro s’explique par des virus et non des bactéries. Un virus qui touche en priorité les enfants. « Mais la transmission d’infections intestinales se fait par voie oro-fécale et non par l’air, reprend le gastro-entérologue. Les bons gestes à adopter sont donc de bien se laver les mains après être passé aux toilettes et avant chaque repas. » En clair, vous risquez d’attraper le virus en serrant des mains, où il pourrait y avoir des traces (invisibles) de selles… que vous mettriez malencontreusement dans votre bouche. 

La gastro-entérite, une maladie qui fait 219.000 morts et coûte 64 milliards de dollars

Attention aux toilettes!

Le seul endroit vraiment critique en entreprise : les toilettes. Faire un usage régulier d’une solution hydro-alcoolique pour les mains peut donc être utile. « Mais aussi ne pas utiliser l’essuie-main en tissu, mais des serviettes à usage unique », renchérit Laurent Beaugerie. Autre conseil à appliquer au bureau comme à la maison : « Si vous touchez la lunette des toilettes, il faut se nettoyer énergiquement les mains. Et quand vous tirez la chasse, mieux vaut rabattre la cuvette. Cela évite que de petites particules virales se disséminent dans l’environnement. »

Même si le virus a peu de chance de passer par la salive, pour s’éviter de passer 48h à se tordre de douleur, mieux vaut multiplier les précautions de bon sens. Adieu la bise du matin, donc. Mais aussi s’éloigner du collègue habitué à postillonner à quelques centimètres de son visage. Ne pas partager un verre de jus d'orange au prochain pot. Et surtout vérifier qu’on est passé par la case savon avant de serrer la main à l’intégralité de l’openspace. « Evidement, il vaut mieux ne pas se prêter un stylo bien mâchouillé ou des couverts pour le déjeuner », ajoute Laurent Beaugerie, chef du service gastro-entérologie de l’hôpital Saint-Antoine. Et les précautions vont dans les deux sens. « La propagation du virus dépend de l’hygiène de la personne qui est déjà malade et de celle qui ne l’est pas. Si par exemple deux salariés partagent un téléphone ou échangent un clavier ou une souris, il faut que les deux personnes aient une bonne hygiène et ne se caressent pas les lèvres toute la journée avec les mains sales… »

La clim, un danger ?

Et la climatisation, pas toujours bien réglée, peut-elle favoriser la contagion de gastro ? Non, répondent les deux spécialistes. « Certaines bactéries comme la légionellose ou des infections nosocomiales peuvent passer par la climatisation », rappelle Laurent Beaugerie. Cela a été le cas à l’hôpital Pompidou, où plusieurs patients sont décédés après des cas de légionellose liés aux circuits de distribution d’eau chaude et les systèmes de climatisation. « Mais ces patients étaient déjà fragilisés et de toute façon il n’y a que des infections respiratoires et non des virus intestinaux qui peuvent être favorisés par la climatisation. » De même, le métro bondé et ses barres pleines de microbes peuvent faciliter la propagation de rhumes ou de grippe, mais pas des gastroentérites.

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