Alimentation: Cinq produits «naturels» à bannir de l’alimentation des tout-petits

NUTRITION Alors que l’Anses a publié mercredi les résultats de son « Etude de l’alimentation totale infantile » (EATi), « 20 Minutes » livre une liste des produits à éviter pour les enfants de moins de trois ans…

Oihana Gabriel

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Un étal de miel (illustration).

Un étal de miel (illustration). — GILE MICHEL/SIPA

Un peu de nickel pour assaisonner la purée carotte-patate de bébé ? Entre les polluants, métaux lourds, allergènes, cuisiner pour son enfant avant un an ressemble parfois à un casse-tête. Mercredi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a complexifié encore la chose : dans les résultats de sa première « Etude de l’alimentation totale infantile » (EATi) qui passe au crible l’alimentation des enfants de moins de trois ans, elle alerte sur la présence de neuf polluants (dont du nickel, arsenic et plomb) dans l’alimentation des enfants en bas âge, à des doses pouvant représenter un risque.

Premier conseil de l’agence : ne pas se lancer dans la diversification avant six mois et surtout « varier le régime alimentaire et les sources d’approvisionnement » pour limiter les chances que le bébé soit au contact avec ces polluants. Mais pour plus de sécurité, autant bannir cinq aliments des menus de bébé.

Le lait de vache. Dans cette nouvelle étude, l’Anses rappelle que seuls le lait maternel ou les préparations infantiles permettent de couvrir les besoins du nourrisson. En outre, le lait courant, quelle que soit l’espèce animale productrice, n’est pas adapté aux besoins nutritionnels des enfants de moins d’un an. La consommation, même partielle, de ces laits de vache est donc à proscrire. Et l’Anses de rappeler que de la naissance à 4 ou 6 mois, les nouveau-nés doivent boire soit du lait maternel, soit le lait en poudre premier âge, puis jusqu’à un an le lait deuxième âge (ou « préparation de suite »)… et qu’il faudra attendre ses 3 ans avant de proposer un bol de lait de vache à son enfant.

Les laits végétaux. En mars dernier, l’Anses avait tiré la sonnette d’alarme sur l’utilisation des laits de soja, d’amande, de quinoa ou de châtaigne pour les bébés. Si beaucoup d’adultes adoptent ces laits végétaux, leur progéniture risque la malnutrition en se nourrissant exclusivement avec ces substituts au lait de vache. Selon l’Anses : « Les douze premiers mois de la vie d’un nourrisson représentent une période de croissance intense et une étape capitale dans son développement. Ses besoins en lipides, calcium et protéines sont très importants et les "laits végétaux" ne peuvent en aucun cas y répondre. » L’Anses « déconseille fortement » son usage chez les nourrissons. « Ces jus végétaux à la mode n’ont pas la composition suffisante pour répondre aux besoins nutritionnels des bébés de moins d’un an, précise Vanessa Bedjaï-Haddad, diététicienne spécialisée dans la nutrition infantile. Les préparations à base de riz, amande ou soja peuvent entraîner des carences très graves. Par ailleurs, tous les laits infantiles sont soumis à une législation européenne très stricte. Pas ces préparations. »

Nutrition: Le « lait végétal » est dangereux pour les bébés

Les produits allégés. Selon babycenter, rien de sert de partager votre yaourt allégé avec votre bébé. Le lait 1 %, 2 % ou écrémé, les tartinades, yogourts et fromages allégés sont donc à proscrire. « Au contraire, les bébés ont énormément besoin de matières grasses, rétorque la diététicienne. Il faut d’ailleurs toujours ajouter une cuillère d’huile ou de beurre dans les purées. »

Le sel, le sucre. C’est un conseil répété dans toutes les maternités et autres PMI : ne jamais sucrer et saler vos compotes et purées maison. Un bon réflexe pour ne pas habituer le palais de votre bébé aux aliments trop sucrés et salés. Comme il découvre tous les goûts, il n’a pas besoin de les rehausser. « Ce n’est pas un danger sur la santé, mais plutôt une question d’éducation notionnelle, nuance la diététicienne. Les bébés ont beaucoup plus de papilles que les adultes, donc les plats leur paraissent moins fades. Mais pas la peine de tomber dans la psychose : aucune étude ne prouve qu’un enfant qui mange sucré tôt a plus de chance de devenir obèse. » Autre argument pour éviter de sucrer et saler : ces rehausseurs de saveur n’offrent aucun élément nutritif.
 

Le miel. Si le sucre est évidemment interdit, rien ne sert de le remplacer par du miel pour parfumer un yaourt ou un biberon de lait. Il est déconseillé de donner du miel aux bébés de moins d’un an car il existe un risque d’intoxication alimentaire rare à laquelle les enfants sont sensibles à cet âge, le botulisme infantile. Selon l’Anses, cette maladie affectant le système nerveux est provoquée par les spores d’une bactérie (Clostridium botulinum) contenue dans les poussières, mais aussi dans le miel. Principal signe de cette maladie : la constipation. « Or, les parents n’y pensent pas forcément ! alerte Vanessa Bedjaï-Haddad. Les bébés ont un système immunitaire immature avant un an et risquent la paralysie musculaire et des problèmes respiratoires. »