Métaux lourds, toxines, composants chimiques... Des polluants dans l'alimentation des tout-petits

ETUDE Neuf composés pour lesquels la situation est jugée « préoccupante » ont été identifiés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses),…

20 Minutes avec agence

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Un rayon alimentation pour enfants.

Un rayon alimentation pour enfants. — ABRAHAM/NECO/SIPA

Lait en poudre, petits pots, biscuits… Neuf substances, parmi lesquelles des métaux lourds et des composants chimiques, ont été identifiées dans l’alimentation de nos tout-petits. Telle est la conclusion de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a passé au crible pendant six ans quelque 670 substances contenues dans de nombreux produits consommés par les enfants de moins de trois ans, ainsi que dans le lait maternel.

Arsenic, nickel et plomb

Bilan des travaux, qui font l’objet d’un rapport publié mercredi : si pour 97 % des substances évaluées, « le risque peut être écarté », « un nombre non négligeable d’enfants présente une exposition supérieure aux valeurs toxicologiques de référence » pour neuf substances, rapporte l’Anses.

Ainsi, trois métaux lourds considérés comme toxiques font partie des composés pour lequel la situation est jugée « préoccupante ». Parmi eux  l’arsenic, présent notamment dans les petits pots à base de légumes et de poisson, le riz et les céréales infantiles, le nickel dans les produits à base de chocolat, et enfin le plomb, dans les légumes et l’eau.

Des toxines issues des moisissures

Autres polluants identifiés : des toxines issues des moisissures, mais aussi l’acrylamide, une substance qui se forme au moment de la cuisson à haute température de certains aliments, ainsi que le furane. Deux substances classées comme possibles cancérogènes.

Des composants chimiques utilisés comme lubrifiants ou revêtements imperméables comme les dioxines et les polychlorobiphényles (PCB) ont également été relevés. Tous sont difficilement dégradables dans l’environnement et s’accumulent dans les tissus de ceux qui les ingèrent, notamment les poissons.

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Face à ce constat, l’Anses recommande des actions visant à diminuer l’exposition de la population infantile à ces substances. Et rappelle que la diversification alimentaire ne doit pas intervenir avant le sixième mois. En effet, ces conclusions montrent que l’exposition des bébés aux polluants augmente à partir de l’introduction d’autres aliments que le lait maternel.