Alcoolisme: L'efficacité du baclofène démontrée dans deux essais cliniques français

ADDICTIONS Il n’est cependant pas le «médicament miracle» attendu par certains, selon les résultats de deux essais cliniques présentés ce week-end au ...

20 Minutes avec agences

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Remède efficace pour traiter l'alcoolisme selon un nombre croissant de médecins et malades, le baclofène va bénéficier d'une première reconnaissance officielle en France après des années de croisade par le Dr Olivier Ameisen, ex-alcoolique guéri grâce à ce décontractant musculaire bon marché.

Remède efficace pour traiter l'alcoolisme selon un nombre croissant de médecins et malades, le baclofène va bénéficier d'une première reconnaissance officielle en France après des années de croisade par le Dr Olivier Ameisen, ex-alcoolique guéri grâce à ce décontractant musculaire bon marché. — Damien Meyer AFP

La popularité du baclofène, médicament bon marché disponible depuis 1975, a explosé en France depuis la parution du livre Le dernier verre d’Olivier Ameisen en 2008. Ce cardiologue alcoolique, depuis décédé, racontait comment, il avait supprimé son envie de boire (« craving ») en prenant du baclofène à très fortes doses.

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Et deux essais cliniques français, présentés au Congrès mondial d’alcoologie qui se tenait ce week-end à Berlin (Allemagne), viennent d’assurer que le baclofène permettait bel et bien de réduire la consommation d’alcool, en particulier chez les plus gros buveurs.

Etudes Alpadir et Bacloville

« Le baclofène permet de réduire la consommation d’alcool, dans un cas sur deux, ce n’est déjà pas si mal », a lancé ce samedi le Pr Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions. Et de préciser : « Ce n’est pas un médicament miracle mais ce médicament apporte un plus dans l’arsenal thérapeutique contre l’alcoolo-dépendance. »

Le Pr Reynaud a ainsi présenté l’étude Alpadir menée sur 7 mois avec 320 patients répartis par tirage au sort en deux groupes (158 sous baclofène à la dose élevée de 180 mg/jour et 162 sous placebo). Elle visait à évaluer d’abord le maintien d’une abstinence totale pendant 20 semaines et secondairement la réduction de la consommation d’alcool.

Pression médiatique et fortes attentes

Pour l’abstinence, aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes (11,9 % d’abstinents sous baclofène contre 10,5 % sous placebo). Selon le Pr Reynaud, vraisemblablement, sous la pression médiatique, les attentes des patients et des médecins étaient plus fortes sur une diminution de la consommation.

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La baisse de consommation observée dans les deux groupes était plus importante dans celui traité par baclofène et encore plus marquée chez les buveurs à haut risque (plus de 4 verres/jour pour les femmes, plus de 6 pour les hommes). « Des buveurs de 12 verres/jour sont passés à 3 verres avec le baclofène contre 5 avec le placebo », a indiqué le Pr Reynaud.

Comparer l’efficacité et la sûreté du baclofène

L’essai Bacloville a lui été réalisé, sans sélection ni sevrage préalable, sur 320 malades, fragiles psychologiquement et physiquement, suivis en ville par des médecins généralistes. Objectif : comparer l’efficacité et la sûreté du baclofène à fortes doses (jusqu’à 300 mg/j) à celles du placebo, au bout d’un an.

Les résultats préliminaires présentés à Berlin ont montré 56,8 % de succès (abstinence ou réduction de la consommation d’alcool) pour le groupe prenant du baclofène contre 36,5 % dans celui du placebo. Mais il faudra attendre la fin de l’analyse, notamment sur l’innocuité du médicament, pour conclure.

« L’alcool tue quelque 50.000 personnes par an » en France

Le laboratoire Ethypharm, promoteur de l’essai Alpadir, attend les résultats complets de Bacloville pour finaliser son dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM). En attendant, pour encadrer les prescriptions, l’agence du médicament (ANSM) a mis en place en 2014 un système temporaire d’utilisation. Fin août, 7.024 patients étaient déclarés à l’ANSM, alors que selon l’Assurance maladie, environ 100.000 patients seraient traités avec le baclofène.

Les résultats d’une nouvelle étude sur les effets indésirables du baclofène sur l’ensemble des utilisateurs, commandée par l’ANSM à l’Assurance maladie, sont attendus fin 2016. Ceci alors que, comme l’a rappelé le Pr Reynaud, « l’alcool tue quelque 50.000 personnes par an » en France.

 

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