Pollution aux particules fines: Des effets sur les fœtus sur deux générations

RAPPORT Les chercheurs se sont aperçus que des nanoparticules de diesel se retrouvaient au niveau du placenta et avaient même atteint le sang du fœtus...

20 Minutes avec agence

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L'Union européenne a relevé mercredi les seuils d'émission de gaz polluant pour les moteurs diesel dans les nouvelles procédures de tests en condition de conduite réelle qui seront mises en place à partir de 2017

L'Union européenne a relevé mercredi les seuils d'émission de gaz polluant pour les moteurs diesel dans les nouvelles procédures de tests en condition de conduite réelle qui seront mises en place à partir de 2017 — Dibyangshu Sarkar AFP

Les nanoparticules, rejetées par les gaz d’échappement des voitures diesel, peuvent affecter durablement la santé des bébés. Une récente étude de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) vient, en effet, confirmer les effets nocifs sur le fœtus d’une « exposition maternelle chronique aux gaz d’échappement de moteur diesel muni de filtre à particules » répondant aux normes des voitures vendues en Europe.

 

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Les chercheurs se sont aperçus que des nanoparticules de diesel se retrouvaient au niveau du placenta et avaient même atteint le sang du fœtus, et que la croissance et le métabolisme de ces derniers en première et deuxième générations étaient affectés, résume l’institut dans un  communiqué publié ce 28 juillet.

Des essais sur une lapine

Pour étudier les effets de la pollution, impossible de faire prendre le risque à des femmes enceintes d’inhaler des nanoparticules de diesel à longueur de journée. Aussi, les scientifiques se sont tournés vers la lapine, choisie pour son placenta proche de celui des humains.

Les animaux en gestation ont été soumis à « des gaz d’échappement de moteur diesel filtrés (contenant seulement les particules ultra-fines ou nanoparticules, comme pour les moteurs de voitures diesel) à des niveaux proches de l’exposition journalière de la population lors d’un pic de pollution aux particules fines dans les grandes villes européennes », précise l’Inra.

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Des signes de retard de croissance fœtal

A la moitié de la gestation, les chercheurs ont aperçu « des signes de retard de croissance fœtal », parmi lesquels une réduction du tour de taille et une longueur de la tête diminuée chez le fœtus. Remarquant que les apports sanguins avaient fortement diminué, les chercheurs ont sorti le microscope électronique. Ils ont alors bel et bien « constaté la présence de nanoparticules provenant des gaz d’échappement de moteur diesel dans le placenta et dans le sang du fœtus ».

Pire, quand une lapine issue d’une portée exposée aux gaz d’échappement s’est accouplée avec un mâle qui n’a pas été exposé, les mêmes effets nocifs des nanoparticules ont été constatés. Ainsi, malgré une croissance normale, « les scientifiques ont observé des anomalies dans les échanges de lipides entre la mère et le fœtus, montrant l’effet de l’exposition à la pollution à la 2e génération ».

 

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Pour rappel, s’il existe une réglementation pour les particules fines (diamètre supérieur à 100 nanomètres) avec des seuils d’information et d’alerte, il n’existe aucune réglementation pour les nanoparticules (diamètre inférieur à 100 nanomètres) également présentes dans les gaz d’échappement diesel. Reste qu'en 2014, le diesel représentait encore 64 % des immatriculations françaises.

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