Lyrica: L'ANSM alerte sur le détournement de l'antiépileptique à des fins récréatives

RAPPORT Devant la multiplication des cas de dépendance, la molécule prégabaline, qui entre dans la composition du médicament, fait l'objet d'un suivi national d'addictovigilance depuis 2013...

20 Minutes avec agence

— 

Illustration médicaments.

Illustration médicaments. — FRANCK FIFE

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met en garde les professionnels de santé sur les conditions de prescription de l’antiépileptique Lyrica et de ses génériques à base de prégabaline, en particulier chez les patients ayant des antécédents de toxicomanie.

Développement d’une tolérance, augmentation des doses et recherche du médicament

Selon l’ANSM, la molécule prégabaline ferait courir à ces patients des risques de surdosage et d’addiction au traitement. C’est donc avec des précautions particulières que les professionnels de la santé doivent prescrire ces médicaments, utilisés pour lutter contre l’épilepsie partielle, les troubles anxieux généralisés et, dans le cas du Lyrica, des douleurs neuropathiques.

>> A lire aussi : Tramadol: Attention au surdosage de cet antidouleur chez l'enfant

« Ces médicaments font l’objet d’une utilisation abusive à des fins récréatives. (…) Les signes de mésusage, d’abus ou de dépendance à la prégabaline, tels que le développement d’une tolérance, l’augmentation des doses et un comportement de recherche du médicament doivent être surveillés chez ces patients », indique ainsi l’Agence dans un communiqué publié sur son site internet.

Nomadisme médical et falsifications d’ordonnance

En Europe, la prégabaline est d’ailleurs sur la sellette depuis 2010, date où les premiers abus ont été constatés. Devant la multiplication des cas de surdosage et de dépendance, la substance fait ainsi l’objet d’un suivi national d’addictovigilance depuis 2013. « Une surveillance particulière a également été mise en place par l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans le cadre du Plan de gestion des risques accompagnant la commercialisation des médicaments contenant de la prégabaline », précise l’ANSM.

>> A lire aussi : Les ados détournent l'usage des médicaments contre le mal des transports

Le gendarme du médicament recommande, par ailleurs, la plus grande attention face au « nomadisme médical et/ou pharmaceutique » des populations à risques, comme celles traitées à la méthadone.

Ces dernières font, en effet, parfois appel à différents médecins et pharmacies pour se faire prescrire puis remettre du Lyrica ou ses génériques plusieurs fois. Il note également une augmentation des signalements de « détournement des prescriptions » avec des « falsifications d’ordonnance ».

>> A lire aussi : Stilnox, Ritaline, Alli et les autres: Les principaux médicaments sous surveillance

Mots-clés :