L'Académie de médecine préconise des soins différents pour les hommes et les femmes

MEDECINE Hommes et femmes sont particulièrement inégaux face aux maladies cardiovasculaires et au vaccin contre la grippe...

20 Minutes avec agence

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Illustration de médicaments.

Illustration de médicaments. — ISOPIX / SIPA

Les différences biologiques entre les hommes et les femmes devraient être davantage prises en compte dans les méthodes de traitement de nombreuses pathologies. Autrement dit, un homme et une femme ne devraient pas être médicalement pris en charge de la même façon, assure  l’Académie de médecine dans une recommandation publiée ce mois-ci et intitulée  « la parité en santé ».

Selon l’Académie, la négation de cette différence entre hommes et femmes devant les pathologies et leurs traitements, au nom de l’égalité des sexes, est devenue un « problème de santé publique ». Pourquoi ? Tout simplement parce que ne pas considérer cette différence nuirait finalement aux femmes.

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« En France, nous avons dix ans de retard »

Si plusieurs pays, dont l’Allemagne et son Institute of Gender in Medicine, tiennent déjà compte de l’inégalité des hommes et des femmes face à la maladie, « en France, nous avons dix ans de retard », a ainsi lâché le professeur Claudine Junien, membre de l’Académie, citée par Le Parisien.

Parmi les pathologies où les différences entre patients et patientes sont marquées figurent les maladies cardiovasculaires. Ainsi, la forte douleur dans la poitrine ressentie par les hommes lors d’un infarctus n’apparaît que chez une femme sur deux.

Un diagnostic qui peut être plus tardif

Chez les femmes, le signe annonciateur de la crise cardiaque peut en revanche prendre la forme de nausées ou de douleurs au ventre plus discrètes. Le diagnostic est donc plus tardif, et même potentiellement impossible si les professionnels de la santé ne sont pas attentifs aux spécificités du phénomène lorsqu’il est féminin.

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Autre exemple mis en avant par l’Académie de médecine, le vaccin contre la grippe pourrait être administré aux femmes dans des doses deux fois moins importantes, pour une même efficacité que chez l’homme. Il serait donc grand temps de proposer des soins adaptés au sexe des patients, comme le rappelle Claudine Junien, pour qui « cela est dans l’intérêt de chacun ».