Beaucoup de parents rencontrent des difficultés pour faire dormir leur enfant.
Beaucoup de parents rencontrent des difficultés pour faire dormir leur enfant. - P.Cooper / Rex Featu/REX/SIPA

« J’ai soif », « encore un bisou », « j’ai peur du noir » ou encore « je peux dormir avec vous ? ». Des mots simples, mais qui sont le cauchemar des parents dont les enfants refusent de dormir. A la longue, ces problèmes de sommeil finissent par épuiser toute la famille, y compris les parents, à bout de nerfs. Mais ce n’est pas une fatalité : avec la méthodologie adaptée, chaque enfant (donc chaque parent) peut rejoindre paisiblement les bras de Morphée. A l’occasion de la Journée du sommeil qui se déroule ce vendredi, 20 Minutes vous donne les clés de la sérénité.

Se sentir en sécurité

« Si l’enfant pleure, est en colère ou a peur du noir, il faut savoir l’écouter et le rassurer. L’important, c’est de se caler avec lui, de lui aménager un moment dédié, dans le calme, pour qu’il se sente en sécurité », préconise Valérie Roumanoff, hypnothérapeute et auteure du livre Le marchand de sable va passer* (éd. First).

« Il est primordial d’instaurer un rituel du coucher, quelques minutes en tête à tête avec son enfant, juste avant de le mettre au lit », renchérit Aude Becquart, consultante en puériculture et en parentalité**. « Trois à quatre minutes suffisent avec un tout-petit, et 15 minutes maximum avec un enfant plus grand : pipi, brossage de dents et histoire inclus », recommande la spécialiste, consultée par les parents qui ont du mal à faire dormir leur enfant. « Plus le rituel est long, moins on sait se séparer », avertit-elle.

Se débarrasser des mauvaises habitudes

Car dans la majorité des cas, si un enfant en pleine santé peine à trouver le sommeil, « c’est le fruit de mauvaises habitudes et aussi de stress que les parents peuvent communiquer à leur enfant », analyse la consultante. Et pour cause, « si le parent est énervé ou tendu au moment de coucher son enfant, la crise guette. Il faut soi-même être calme pour que ça se passe bien », confirme Valérie Roumanoff. Exit toutes les activités qui peuvent exciter l’enfant avant de dormir.

« Après le dîner, on évite la télévision, les jeux de bagarre où l’enfant bouge dans tous les sens », prescrit Aude Becquart. Autre précieux conseil : « mieux vaut mettre son enfant au lit un peu plus tôt. Si vous le couchez exprès plus tard en pensant qu’il dormira mieux, c’est contre-productif : il est épuisé et à cran », expliquent la consultante et l’hypnothérapeute.

Et les parents aussi. « Sacha s’est toujours couché sans problème, mais depuis tout bébé, il se réveillait entre trois et dix fois toutes les nuits », se souvient Laetitia, infirmière puéricultrice et maman du petit garçon de trois ans et demi. Pourtant, elle a « tout essayé pour qu’il fasse des nuits complètes : kinésiologie, ostéopathie et même psy ». Sans résultat.

Entre-temps, par usure, Sacha a eu droit à son petit matelas, installé juste à côté du lit de ses parents, qu’il venait rejoindre toutes les nuits. Jusqu’à ce qu’elle consulte l’année dernière une conseillère. « Très souvent, les parents pensent bien faire, ils ont tout vu, tout lu et tout essayé », résume Aude Becquart. « Mais ils ne trouvent pas de solution à leur désarroi. »

Une expertise personnalisée

« Je n’y croyais pas trop. C’était la tentative de la dernière chance », raconte Laetitia. Pourtant en moins de trois séances, le miracle opère. « Quand les parents viennent nous voir, ils sont à bout, ils ont le nez dedans. Un regard bienveillant qui vient de l’extérieur permet de dénouer le problème », note Aude Becquart. « Dans tous les e-mails que je reçois, c’est la même chose, des parents qui nous disent : "mon enfant ne dort plus, on a tout essayé et on n’en peut plus". »

Lors de la première consultation, la conseillère analyse le rythme de l’enfant. « On a tout consigné : l’heure de ses repas, de son coucher, de ses crises de fatigue, l’heure à laquelle Sacha venait se coucher dans notre chambre », détaille Laetitia. « Nous faisons une expertise personnalisée de la situation et on accompagne les parents. Nous leur donnons les clés mais après ce sont eux qui sont à la manœuvre », précise Aude Becquart.

Pour Laetitia et son conjoint, quelques recommandations suffiront. « On a couché Sacha un peu plus tôt et on a supprimé le biberon qu’on lui donnait au petit matin. Je ne saurais pas l’expliquer, mais ça a été miraculeux », se réjouit Laetitia. Dès le premier soir, les résultats ont été au rendez-vous et après quelques jours de rodage, « Sacha n’a plus dormi hors de son lit ». Aujourd’hui, toute la famille a retrouvéle sommeil. « Et si j’ai un deuxième enfant et que je rencontre les mêmes problèmes, songe-t-elle, j’y retournerais ! »

Le marchand de sable va passer, Editions First, en librairies en mars 2016.

** http://www.audebecquart.com/

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