Les symptômes de la syphilis, décrits en 1883.
Les symptômes de la syphilis, décrits en 1883. - MARY EVANS/SIPA

Quand le sida recule, la syphilis avance. Alors que l’on croyait cette maladie disparue, les médecins relèvent un inquiétant retour en force de cette infection sexuellement transmissible (IST) : depuis 1999, date de la réapparition de la maladie, 400 à 500 nouveaux cas sont déclarés chaque année en France. En cause : la désaffection des jeunes pour le préservatif.

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Pourquoi la syphilis revient en France ?

D’après l’Institut national de veille sanitaire (Invs), il n’y a pas de mystère : le retour en force de la syphilis est du « à la hausse des pratiques à risque, en particulier chez les homosexuels masculins », explique au Parisien Florence Lot, responsable de l’unité VIH, hépatite B et C à l’Invs. Les médecins ont observé que parmi les personnes atteintes de la syphilis, 84 % étaient des hommes homosexuels et 40 % d’entre eux sont aussi séropositifs.

Qu’ils soient hétéros ou homos, les malades ont tous en commun d’avoir attrapé la syphilis en ayant des rapports sexuels non protégés. Le port du préservatif est en baisse, en particulier chez les jeunes : un sondage réalisé en mars 2015 sur les 15-24 ans révélait que 53 % d’entre eux n’avaient pas utilisé de préservatif lors de leur dernier rapport sexuel avec un partenaire non régulier et 42 % n’avaient pas mis de préservatif quel que soit le partenaire.

Des statistiques biaisées ?

Les jeunes qui ont commencé leur vie sexuelle après l’arrivée des trithérapies et qui n’ont pas connu les années noires du VIH se sentent moins concernés que leurs aînés et délaissent le préservatif. Ils oublient que le préservatif ne protège pas seulement du sida mais de toutes les IST : chlamydiose, blennorragie gonococcique (dite « chaude-pisse »), hépatite B, herpès génital, papillomavirus… et syphilis.

Toutefois, les statistiques des cas déclarés de syphilis sont biaisées depuis 2014 : le laboratoire Sanofi a cessé la commercialisation de l’Extencilline, seul antibiotique disponible contre la syphilis, qui pouvait être achetée en pharmacie. Désormais, les malades doivent désormais se rendre dans les pharmacies d’hôpital pour se procurer le Sigmacillina, un médicament importé d’Italie. L’arrivée dans quelques semaines d’un nouveau médicament français disponible en pharmacie pourrait faire diminuer le nombre de déclarations de syphilis dans les hôpitaux.

Comment se manifeste la maladie ?

La syphilis est causée par une bactérie, nommée Treponema pallidum, qui se transmet par voie sexuelle ou de la mère à l’enfant durant la grossesse. Le dépistage se fait par une prise de sang.

Son premier symptôme est l’apparition d’un chancre sur les organes génitaux, une lésion indolore qui durcit et produit un liquide clair, parfois accompagné de ganglions. La phase secondaire de la syphilis se produit entre 1 mois et 1 an après l’infection : les lésions se répandent à la peau et aux muqueuses. Des ganglions apparaissent sur le corps et le malade ressent souvent de la fatigue, des maux de tête et peut voir sa température légèrement augmenter. On peut encore à ce stade traiter la syphilis avec des antibiotiques à base de pénicilline G administrés sous forme d’injection intramusculaire. A son troisième stade, la syphilis peut avoir des répercussions sur le système nerveux, le cœur, le sang, le système digestif, les reins, les yeux…

Après administration des antibiotiques, la maladie disparaît rapidement mais, ne s’agissant pas d’un virus, un malade guéri peut être de nouveau contaminé par la bactérie. La prudence reste donc de rigueur.

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