Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire.
Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire. - 20 MINUTES/SIPA

Le cœur bat, le sang circule, les poumons se gonflent… Pourtant, le corps humain sur lequel les élèves chirurgiens en formation à Poitiers (Vienne) s’exercent ne vit plus. La dépouille a été décongelée avec soin pour passer en seulement quelques jours de - 22 à + 37°C.

Derrière le champ opératoire qui dissimule le visage du « patient » se cache la réponse à cet étrange phénomène : la machinerie d’un système unique au monde, Simlife, soit deux chariots à roulettes surmontés d’un simple moniteur.

« Le matériel provient de magasins de bricolage et de jardinerie »

Une partie pneumatique pour simuler la respiration, et une partie hydraulique pour la circulation du sang, réalisée avec un peu de peinture et un additif, pour reproduire au mieux sa texture visqueuse.

Tuyaux et système d’arrosage, valves… « Tout le matériel provient de magasins de bricolage et de jardinerie », sourit Cyril Brèque, spécialiste en biomécanique. C’est lui qui a inventé, fabriqué, et breveté sur place Simlife, au laboratoire d’anatomie de la Faculté de médecine de Poitiers.

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« Les dissections classiques ne répondaient plus aux attentes »

Jusqu’à présent, les étudiants en médecine et pharmacie apprenaient leur métier sur des corps inertes ou, au mieux, des mannequins interactifs. Mais « on se rendait bien compte que les dissections classiques ne répondaient plus aux attentes », explique le professeur Jean-Pierre Richer, responsable du Centre de simulation de la faculté, inauguré fin janvier.

« Il fallait évoluer alors que dans le même temps, la formation pratique de l’interne a beaucoup diminué (…) On n’apprend plus au bloc, à côté du chirurgien et d’un vrai patient. Les nouvelles directives nationales disent bien "Jamais sur le patient la première fois" », souligne le chirurgien.

Le futur chirurgien au plus près de la réalité, sans risque

D’où le pari de Simlife, dont quatre machines ont été conçues pour seulement 20.000 euros, de mettre le futur chirurgien au plus près de la réalité, mais sans risque pour le vrai patient.

Passée la phase de tests, une vingtaine d’internes en fin de cursus s’exerceront à la chirurgie sur Simlife dès la rentrée 2016. Et « à terme, tout cela sera miniaturisé et piloté en wifi depuis une tablette. Nous sommes en train de travailler sur un logiciel qui permettra d’intégrer à l’avance un certain nombre de scenarii. Ce qui rend notre système unique, c’est qu’il est adaptatif », assure Jean-Pierre Richer.

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