Un moustique Aedes aegypti, vecteur du virus Zika, est photographié dans un laboratoire de l'université du Salvador, à San Salvador, le 3 février 2016
Un moustique Aedes aegypti, vecteur du virus Zika, est photographié dans un laboratoire de l'université du Salvador, à San Salvador, le 3 février 2016 - Marvin RECINOS AFP

Un rapport élaboré par une équipe de médecins brésiliens et argentins épingle un pesticide destiné à lutter contre la dengue, qui pourrait être responsable de microcéphalies chez les nouveau-nés, imputées jusqu’alors au virus Zika.

Le Brésil, pays le plus touché avec déjà plus d’un million et demi de cas, avait indiqué que le virus Zika était à l’origine de la hausse du nombre de malformations congénitales chez les fœtus.

Un pesticide responsable des malformations congénitales

Le rapport, coordonné par le Docteur Avila Vazquez, pédiatre spécialisé en néonatalogie, a été repéré par Paris Match. Il dénonce la responsabilité du pyriproxyfene, un insecticide produit par une filiale japonaise de Monsanto.

« La détection de milliers de cas de malformations congénitales chez des enfants dont les mères, enceintes, habitent dans des zones où le gouvernement brésilien a ajouté du pyriproxifène à l’eau potable, ne relève pas d’une coïncidence, bien que le ministère de la Santé mette en cause le virus Zika dans ces dommages », ont expliqué les chercheurs.

« Ni Monsanto ni ses produits commercialisés n’ont un lien avec le virus Zika ou la microcéphalie », explique la firme dans un communiqué. « Monsanto ne fabrique ni ne vend de pyriproxyfène. Monsanto ne possède pas la société Sumitomo, il ne s’agit aucunement d’une filiale. Sumitomo est un partenaire de Monsanto parmi d’autres dans le domaine de la protection des cultures », précise le groupe.

Les médecins indiquent également que les précédentes épidémies de Zika, maladie relativement bénigne n’avaient pas entraîné de malformations congénitales chez les nouveaux-nés, y compris dans des zones où 75 % de la population était infectée. Ils ont par ailleurs fait un lien entre l’emploi récent du pesticide et l’augmentation des cas de microcéphalies au Brésil. Pour étayer leurs propos, ils soulignent notamment que « sur 404 microcéphalies au Brésil, seulement 17 (4,2 %) étaient positifs sur le virus Zika ».

Pour l’heure, il n’existe ni vaccin ni traitement et, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les essais cliniques à grande échelle de vaccins ne devraient pas démarrer avant au moins 18 mois.

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