Le rayon fruits et légumes du marché de Rungis, le 19 novembre 2015, au sud de Paris
Le rayon fruits et légumes du marché de Rungis, le 19 novembre 2015, au sud de Paris - ADRIEN MORLENT AFP

Mardi soir, le nouvel épisode de Cash Investigation, sur les dangers des pesticides et diffusé sur France 2, a rassemblé plus de trois millions de téléspectateurs. Sur Twitter, de nombreux internautes ont exprimé leur colère et leurs inquiétudes à l’encontre de l’industrie pétrochimique.

La France, et notamment son secteur agroalimentaire, est, en volume, le plus gros consommateur de pesticides en Europe. L’impact de cette utilisation intensive sur notre alimentation est régulièrement pointé du doigt par les associations de défense environnementale et par certaines autorités sanitaires.

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  • La pomme

L’exposition de la pomme et le recours aux pesticides en tout genre dans les vergers n’ont rien de nouveau. Diverses études ont démontré des taux de résidus de pesticides très élevés, les pommes étant particulièrement sujettes aux vers et sa peau étant exposée à l’air libre. Dans une étude réalisée en 2010 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, sur les échantillons de pommes analysées, les taux de dépassement des limites maximales de résidus de pesticides étaient d’1,3 %.

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  • Les pêches

Comme les pommes, les pêches sont victimes des mêmes traitements aux pesticides. Dans l’étude de l’agence européenne, c’est ce fruit qui est le plus exposé aux résidus. Sur la totalité des échantillons testés, 73 % des produits étudiés dépassaient les limites autorisées par les normes européennes.

  • Les légumes secs

Les fruits et les légumes secs sont les aliments les plus exposés. L’étude de l’Efsa identifie 321 résidus de pesticides identifiés sur les échantillons scrutés par les scientifiques contre « seulement » 88 résidus observés sur les produits céréaliers. Près de 40 % des pois, des haricots ou des lentilles seraient touchés.

  • Les fraises

Comme les pommes, les fraises caracolent en tête des fruits les plus pollués. En juillet 2013, le collectif environnemental Générations Futures, s’est penché sur 49 échantillons de fraises à l’occasion d’une enquête. Les résultats sont alarmants : « 91,83 % contenaient un ou des résidus de pesticides et au total, 71,42 % des échantillons contenaient des pesticides perturbateurs endocriniens ». Et les résidus seraient plus importants sur les fraises produites en France que les fraises espagnoles.

  • La salade

L’air dans lequel poussent les salades, cultivées sous serre, et notamment la laitue, est peu renouvelé, les pulvérisations de pesticides ont donc davantage tendance à se fixer aux feuilles du légume. Avec 5kg par an et par ménage, la salade est le 4e légume le plus consommé en France selon l’Insee.

Générations Futures, dans son dernier volet d’études sur les pesticides a analysé 31 échantillons de salades, achetés dans des supermarchés de l’Oise et de la Somme (Picardie) entre le 28 mai et le 21 juillet 2015 : « 80,65 % contiennent au moins un résidu de pesticide (…) et 5 échantillons (16,13 %) contiennent 1 ou plusieurs substances actives interdites (2 échantillons soit 6,45 %) ou interdites d’usage sur salade en France ».

Des alternatives existent évidemment et plusieurs réseaux locaux de distribution et de production de fruits et légumes respectant les principes de l’agriculture biologique et refusant de traiter les produits, se sont développées ces dernières années. Une valeur sûre puisque les aliments issus de l’agriculture bio auraient un taux de résidus de pesticides divisé par 10 par rapport au reste de la production agroalimentaire.

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