Zika: Interview du chercheur qui a identifié le virus au Brésil.
Zika: Interview du chercheur qui a identifié le virus au Brésil. - Madeleine Pradel, Laurence de Suremain AFPTV

A l’issue d’une réunion à huis clos, lundi à Genève, le comité d’urgence de l’OMS a donc tranché. Pour l’organisation, le virus Zika est désormais « une urgence de santé publique de portée mondiale » en raison des soupçons de malformations congénitales qu’il entraîne. Un lien est suspecté entre la présence du virus et l’augmentation des cas de microcéphalies, ces bébés nés avec une tête anormalement petite, notamment au Brésil.

« Les experts considèrent aussi que l'étendue géographique des espèces de moustiques qui peuvent transmettre le virus, l'absence de vaccin et de tests fiables, ainsi que le manque d'immunité de la population dans les pays nouvellement touchés (...) constituent des causes supplémentaires d'inquiétude », a poursuivi Margaret Chan.

Ce type de réunions est plutôt rare, ce qui souligne l’inquiétude de l’OMS à propos de la possibilité d’une propagation du virus, qui se transmet par une piqûre de moustique, à un niveau mondial. L’agence de l’ONU paraît aussi soucieuse de faire oublier les critiques liées à sa réponse jugée trop faible par beaucoup face à la récente épidémie d’Ebola en Afrique.

Une propagation « de manière explosive »

La réunion, qui a débuté lundi après-midi, était organisée sous forme d’une conférence téléphonique entre huit experts, hauts responsables de l’OMS et douze représentants des Etats membres, dont le Brésil, pays le plus affecté, et l’Argentine.

L’OMS a averti la semaine dernière que le virus se propageait « de manière explosive » dans la région des Amériques, avec 3 à 4 millions de cas attendus en 2016.

Le Brésil déconseille aux femmes enceintes de se rendre aux JO

Le gouvernement brésilien a déconseillé lundi aux femmes enceintes de se rendre aux Jeux Olympiques prévus en août au Brésil, en raison des risques pour les foetus liés au virus Zika. «Le risque, je dirais grave, est pour les femmes enceintes», a déclaré le chef de cabinet du gouvernement, Jaques Wagner.

«Et donc il n'est évidemment pas recommandé (de venir au Brésil) parce qu'on ne va pas prendre de risques», a ajouté M. Wagner, quelques heures après la décision de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de classer «urgence de santé publique de portée mondiale» l'épidémie du virus Zika.

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