Brésil/virus Zika: accueil de bébés atteints de microcéphalie
Brésil/virus Zika: accueil de bébés atteints de microcéphalie - Madeleine Pradel, Laurence de Suremain AFPTV

Cette fois, l’OMS préfère prendre les devants. A peine sortie d’une longue crise avec Ebola, l’instance de santé a convoqué une réunion d’urgence sur l’épidémie de Zika dès lundi à Genève. Le virus progresserait actuellement « de manière explosive », selon le vocable anxiogène de l’OMS. L’instance s’inquiète notamment d’une recrudescence des cas de microcéphalies, cette malformation du fœtus causée par le moustique porteur du virus. Lundi, le comité « doit établir si la flambée constitue ou non une urgence de santé publique de portée internationale ». En attendant, voici les éléments connus relatifs à cette épidémie.

Au moins 23 pays en alerte

Avec 3 à 4 millions de cas attendus cette année sur son territoire, le continent américain est le premier concerné par Zika. 23 pays ont déjà enregistré des cas. Parmi eux, le Brésil est le premier à avoir notifié un cas de la maladie en mai dernier. Depuis lors, le virus s’est largement propagé. Aucun cas d’infection directe n’a encore été enregistré aux Etats-Unis où 31 personnes ont été infectées en voyageant dans des pays où le virus est actif. Concernant la France, la Martinique et la Guyane sont passées la semaine dernière au stade épidémique. Dix cas ont été confirmés en Guadeloupe et un autre à Saint-Martin. Par ailleurs, 5 voyageurs qui ont contracté le virus dans une zone touchée sont rentrés en France métropolitaine, selon un premier bilan de l’Institut de veille sanitaire (InVS). Mais « il n’y a pas actuellement de risque de transmission du virus Zika en métropole : nous ne sommes pas dans la période d’activité des moustiques Aedes, vecteurs du virus, comprise entre mai et novembre », précise le ministère de la Santé.

Les femmes enceintes particulièrement exposées

Scientifiquement, le lien n’est pas clairement établi. Pourtant, la présence du virus dans certaines zones s’est accompagnée d’une hausse brutale du nombre de nouveau-nés atteints de microcéphalie et de cas de syndrome de Guillain-Barré – pathologie mal connue, caractérisée par l’attaque du système nerveux par le système immunitaire, engendrant parfois une paralysie. Le Brésil enregistre notamment une hausse de 20 % des cas de microcéphalies. Au 26 janvier 2016, le ministère de la Santé brésilien recensait 3.893 cas. La suspicion est donc forte. La ministre de la Santé française, Marisol Touraine, a ainsi recommandé aux femmes enceintes de différer leurs éventuels voyages dans les zones touchées, dont les Antilles ou la Guyane. Pour le reste, 75 à 85 % des personnes contaminées ne présentent aucun symptôme du virus. Les 25 à 15 % restants contractent généralement les symptômes d’une petite grippe (fièvre, maux de tête, éruptions cutanées, fatigue). Enfin, aucun cas mortel n’a été recensé.

 

Pas de vaccin disponible

L’OMS s’inquiète actuellement du « manque d’immunité » des populations dans les régions nouvellement infectées et de l’absence de vaccins, de traitements spécifiques et de tests de diagnostic rapides. L’arrivée d’un vaccin sûr et efficace n’est d’ailleurs pas prévue de sitôt, selon le directeur de l’Institut américain des allergies et maladies infectieuses, le Dr Anthony Fauci. Un essai clinique de phase 1 pour déterminer l’innocuité du vaccin pourrait toutefois avoir lieu avant la fin de 2016. Pour l’instant, le seul moyen de lutter contre la maladie est d’éviter le contact avec le moustique Aedes. Pour cela, l’usage de répulsifs, de moustiquaires et de vêtements longs est recommandé. Pour la ministre de l’Outre-Mer George Pau-Langevin, ces mesures suffiraient d’ailleurs à se protéger de la maladie, y compris quand on est enceinte. « Il me semble qu’il y a des solutions moins drastiques que de dire : n’allez pas dans les Antilles-Guyane. A mon sens, une femme (enceinte) qui met du produit anti-moustique, qui dort avec une moustiquaire ou avec une clim' fraîche, a un risque très limité. »

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