Illustration d'un homme en souffrance.
Illustration d'un homme en souffrance. - JAUBERT/SIPA

Une nouvelle porteuse d’espoir. Une greffe de cellules-souches dans le pénis pourrait permettre de traiter les troubles érectiles sévères, qui affectent fréquemment les hommes après un cancer de la prostate, selon une étude publiée ce jeudi dans la revue European Urology.

Faire repousser les vaisseaux et nerfs endommagés

« Certains vaisseaux et nerfs qui alimentent le pénis passent de part et d’autre de la prostate. En cas de prostatectomie (ablation de la prostate), ces structures vasculaires et nerveuses du pénis sont endommagées, ce qui entraîne toujours la survenue de troubles de l’érection plus ou moins prononcés », explique le Pr René Yiou, qui a conduit l’étude dans le service d’urologie de l’hôpital universitaire Henri-Mondor à Créteil.

Dans le cadre de cet essai clinique, commencé il y a quatre ans, le médecin a sélectionné 12 hommes souffrant de troubles sévères de l’érection après un cancer de la prostate et une prostatectomie. Chacun a ensuite reçu dans le pénis une autogreffe de cellules-souches prélevées directement dans sa moelle osseuse. « Les cellules-souches ont la capacité de se transformer et de faire repousser les vaisseaux et nerfs endommagés. C’est un mécanisme de régénération cellulaire », décrit le Pr Yiou.

Des résultats encourageants

Après cette étude de phase 1, les premiers résultats sont plutôt encourageants. « Jamais la thérapie cellulaire n’avait été pratiquée sur le pénis. On avait imaginé les possibles effets secondaires : risques d’infection, douleurs au moment de la ponction osseuse ou encore effets sur la verge de type priapisme », confie le Pr Yiou, « mais nous n’avons rien constaté de tel, ce qui est très prometteur : la tolérance des patients à ce traitement est excellente ».

Et ce n’est pas tout. Six mois après la greffe cellulaire, les chercheurs ont noté « une amélioration significative des principaux scores sexuels ». « Les patients ont décrit une amélioration de leurs fonctions érectiles et de la qualité de leurs rapports sexuels », relate le Pr Yiou. « Et sur des critères objectifs, nous avons constaté chez les patients une augmentation de la taille des vaisseaux sanguins et de leur réactivité », poursuit-il.

Un effet trophique

Ravis, les patients ont aussi constaté un autre effet de cette greffe cellulaire. « Cette procédure a eu un effet trophique. Les patients nous ont confié avoir constaté une augmentation d’environ un centimètre de la taille de leur pénis. Or après une prostatectomie s’opère justement une réduction de la verge d’un à deux centimètres », indique le Pr René Yiou. « C’est un vrai point de satisfaction pour eux, qui sont parfois en grande souffrance psychologique et perdent confiance en eux après la maladie ».

Si les résultats de cette étude sont confirmés par d’autres essais cliniques, cette thérapie cellulaire pénienne pourrait s’appliquer au traitement d’autres formes de troubles érectiles. « Ces problèmes touchent près d’un homme sur deux. Cette greffe de cellules-souches pourrait un jour permettre de traiter les troubles de l’érection de patients diabétiques ou souffrants de maladies vasculaires », espère le chercheur.

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