Illustration de la "malbouffe".
Illustration de la "malbouffe". - VIDAL/ISOPIX/SIPA

Hélas, manger sainement la semaine ne suffit pas à compenser les excès du week-end. Pire, notre flore intestinale souffre tout autant de ces écarts que si elle était soumise à une mauvaise alimentation (type junk food) tous les jours.

C’est la conclusion d’une équipe de chercheurs australiens de l’University of New South Wales (UNSW), dont les conclusions ont été présentées dans la revue Molecular Nutrition and Food Research et relayées par Santé Log.

Un poids 18 % plus élevé

Les scientifiques ont pratiqué des tests sur des rats, répartis en plusieurs groupes et soumis à une alimentation spécifique pendant 16 jours : les premiers ont mangé sainement, les seconds ont reçu un régime alimentaire type « malbouffe » (riche en graisses saturées et en sucres) en continu, et les derniers ont alterné entre ce régime (trois jours par semaine) et une alimentation saine (quatre jours par semaine).

Bilan : au terme de l’expérience, les rats soumis à un régime intermittent présentaient un poids 18 % plus élevé que ceux qui avaient mangé sainement. D’autre part, leurs niveaux de leptine (indicateur de la satiété) et d’insuline (taux de sucre dans le sang) étaient à mi-chemin des taux des deux autres groupes.

Deux fois plus d’appétit

Mais également, la composition de leur flore intestinale était presque identique à celle des rats nourris à la « malbouffe » en continu. Les espèces microbiennes capables de métaboliser les flavonoïdes, qui interviennent dans le maintien, voire la perte de poids, et protègent le cerveau, étaient ainsi considérablement réduites.

Enfin, les chercheurs ont observé que, de retour à un régime normal, les rats qui avaient alterné leurs habitudes alimentaires mangeaient deux fois plus que ceux soumis en continu à un régime sain.

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Trois jours suffisent donc pour bouleverser la flore intestinale. Cette « agression » du microbiote avec les excès du week-end perturberait donc le métabolisme et la fonction immunitaire, pouvant favoriser le développement de troubles gastro-intestinaux (maladies inflammatoires de l’intestin, obésité…) conclut le Pr Margaret Morris, pharmacologue à l’UNSW et auteur principal de l’étude.

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