Un spéculum servant aux examens gynécologiques et du matériel pour effectuer un frottis vaginal.
Un spéculum servant aux examens gynécologiques et du matériel pour effectuer un frottis vaginal. - AFP PHOTO DIDIER PALLAGES

C’est le deuxième cancer le plus meurtrier chez la femme dans le monde et même les pays développés, dont la France, ne sont pas épargnés. Et pour cause, beaucoup de chemin reste à parcourir sur le terrain de la prévention du cancer du col de l’utérus. Vaccin, suivi gynécologique et frottis régulier : des mesures simples permettent pourtant de contrer l’apparition de la maladie. A l’occasion de la Semaine de prévention du cancer du col de l’utérus, qui se déroule du 24 au 30 janvier, 20 Minutes fait le point sur les moyens d’éviter ce cancer, qui touche près de 2 800 femmes​ chaque année en France.

La vaccination des jeunes filles

C’est un fait, la quasi-totalité des cas de cancer du col de l’utérus sont causés par une seule et même infection : le papillomavirus humain (HVP). « 80 % des gens sont exposés à ce virus au cours de leur vie sexuelle », souligne le Dr Jean-Luc Mergui, gynécologue à la Pitié-Salpêtrière à Paris et président de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV). Pour faire barrage à ce virus, « la vaccination des filles entre 11 et 14 ans est recommandée ».

Mais ce vaccin polémique effraie de nombreux parents français et seules 17 % des jeunes filles sont vaccinées contre le HPV. « La France est le pays d’Europe où la couverture vaccinale contre le HPV est la plus faible », déplore le gynécologue. La France arrive en effet loin derrière le Portugal (87 %), le Royaume-Uni (79 %) ou l’Italie (71 %). « Pourtant, aucune étude ne prouve que ce vaccin est lié à la survenue de maladies auto-immunes, assure le gynécologue. Les mères doivent faire vacciner leurs filles ».

Des frottis réguliers pour un meilleur dépistage

Dans 90 % des cas, les personnes exposées au HPV l’éliminent naturellement. Mais « pour les femmes chez qui le virus persiste, des lésions précurseurs du cancer du col de l’utérus peuvent apparaître. Si elles ne sont pas détectées et traitées, elles peuvent entraîner la survenue d’un cancer du col de l’utérus », avertit le Dr Mergui. Des frottis réguliers, tous les trois ans, sont donc indispensables pour assurer le dépistage de la maladie. « Tous ces tests permettent d’agir en amont, le cancer du col de l’utérus est le seul cancer que l’on peut prévenir », insiste-t-il.

« Il ne faut pas négliger le frottis, toutes les femmes sont concernées, de 25 à 65 ans », rappelle le gynécologue. « Jeunes, les femmes ont tendance à penser que la maladie ne les concerne pas et passé la ménopause, lorsqu’elles n’ont plus besoin de contraception, elles vont moins consulter leur gynécologue ». Pourtant le cancer du col de l’utérus représente la deuxième cause de cancer chez les femmes de moins de 45 ans.

Une charte pour améliorer les soins des lésions précancéreuses

Si le frottis révèle la présence de lésions précancéreuses causées par le HPV, plusieurs options sont possibles. « Il arrive que ces lésions disparaissent d’elles-mêmes. Dans d’autres cas, on les brûle au laser et parfois, il est nécessaire de retirer chirurgicalement la partie lésée du col utérin, en pratiquant une conisation », explique Jean-Luc Mergui. Seule une exploration au microscope du col de l’utérus, ou colposcopie, permet alors de déterminer le traitement le plus adapté. « Or trop peu de praticiens utilisent cette technique », regrette-t-il.

Résultat : sur les 30.000 conisations pratiquées chaque année, nombre d’entre elles ne seraient pas nécessaires, selon une enquête de la SFCPCV. « Pourtant, s’il est mal réalisé, ce traitement peut augmenter les risques ultérieurs d’accouchements prématurés », prévient le Dr Mergui. C’est pourquoi la SFCPCV a élaboré une charte de qualité en colposcopie, pour améliorer la prise en charge des lésions précancéreuses. Pour les patientes, c’est l’assurance d’avoir accès à des praticiens rodés à cet examen capital et qui s’engagent à mettre continuellement à jour leurs connaissances.

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