Illustration autisme
Illustration autisme - Jean-Philippe Ksiazek AFP

« Nous avons découvert que, dans l’aire du langage et de la communication (aire de Broca), la profondeur maximale d’un sillon était moindre chez les enfants atteints d’autisme », explique, dans un communiqué, Christine Deruelle, directrice de recherche CNRS à l’Institut de neurosciences de l’hôpital de la Timone (Marseille).

Une analyse poussée du cerveau d102 enfants âgés de 2 à 10 ans

La découverte, plutôt compliquée à comprendre pour les néophytes de l’aire de Broca, est de taille pour les experts de l’autisme. Notamment parce qu’elle pourrait permettre un diagnostic plus précoce et une meilleure prise en charge des patients.

Identifié par des chercheurs du CNRS d’Aix-Marseille Université et de l’AP-HM, grâce aux IRM (imagerie par résonance magnétique) de l’Institut de neurosciences de l’hôpital de la Timone (Marseille), ce marqueur est le résultat d’une analyse poussée du cerveau de 102 enfants âgés de 2 à 10 ans, divisés en trois groupes : des enfants atteints d’autisme typique, atteints de trouble envahissant du développement non spécifié et des enfants dépourvus de troubles du spectre autistique.

Plus le pli est peu profond, plus les compétences en langage sont limitées

L’atrophie constatée et localisée dans l’aire du langage et de la communication chez les enfants autistes a été ensuite corrélée à leurs performances de communication. Bilan : plus le pli est peu profond, plus les compétences en termes de production de langage sont limitées, selon les résultats publiés mardi dans la revue Biological Psychiatry : Cognitive Neurosciences and Neuroimaging.

Cette anomalie spécifique aux enfants atteints d’autisme pourrait donc constituer un biomarqueur de la pathologie qui pourrait aider à un diagnostic dès l’âge de deux ans. « A l’heure actuelle, le diagnostic n’est posé que sur la base de signes cliniques, à partir de l’observation des enfants et d’entretiens avec leurs parents, et en moyenne à l’âge de 4 ans et demi. On gagnerait donc deux ans (…) », s’enthousiasme Christine Deruelle, interrogée par La Croix.

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