Illustration d'un test de vaccin expérimental contre le virus Ebola à Oxford, le 17 septembre 2014
Illustration d'un test de vaccin expérimental contre le virus Ebola à Oxford, le 17 septembre 2014 - Steve Parsons Pool

Ne les appelez pas « cobayes ». En général, la comparaison animale ne passe pas. Alors qu’un essai thérapeutique a mal tourné à Rennes (Ille-et-Vilaine), les volontaires participant aux tests de laboratoires ont souvent de réelles motivations avant d’essayer un médicament en phase expérimentale. A la différence d’un rongeur, à qui on ne demande rarement son avis.

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Au-delà de ces considérations lexicales, la première motivation des testeurs est évidemment financière puisque chaque essai est rémunéré. Emilie, une étudiante de 25 ans qui teste actuellement un vaccin contre le virus Ebola, expliquait récemment à 20 Minutes que « financièrement, (l’expérience) n’est pas négligeable. Pour une dizaine de rendez-vous médicaux, je touche environs 1.000 euros. »

Sur le site de Biotrial, qui publie les témoignages de volontaires, Jean-Marie 39 ans, reconnaît lui aussi que l’argent l’a poussé à franchir le pas : « Pour ma première étude, on avait pour projet de partir en vacances et ça nous a bien aidés », indique cet infirmier. Même idée du côté de Johakim qui expliquait à 20 Minutes avoir « besoin d’argent de poche ». A 1.500 euros les 9 journées d’hospitalisation, il avait tiré un bilan concluant de cette expérience à base d’électrocardiogrammes, cathéter et prises de sang.

Pour d’autres, l’argent peut être considéré comme une simple compensation, en dépit des éventuels effets secondaires. « Je le fais surtout pour aider la recherche. Cette étude va définir les bonnes conditions pour administrer ce vaccin. Ça peut aussi améliorer la recherche médicale en ce qui concerne d’autres vaccins », poursuit Elodie qui participe également à l’étude Inserm sur Ebola.

Egalement interrogé par Biotrial, dans une vidéo publiée sur le site Web du laboratoire concerné par l’accident sanitaire, Michel, un retraité de 60 ans explique qu’il avait du temps libre pour se consacrer à ce type de tests. Après 9 études, cela lui « permet d’aider la recherche sur les produits en prêtant (son) corps. C’est surtout ça qui est important. Faire avancer la science, elle en a besoin. »

Le sexagénaire poursuit en évoquant des rendez-vous jamais vécus « comme une contrainte. Ce n’est ni plus ni moins qu’une visite médicale. Ça se passe toujours bien en général. » Lors de sa première étude il y a plusieurs années, le docteur lui aurait glissé : « Lorsqu’on entre sain à Biotrial, on en sort sain. » Après l’accident dramatique de ce vendredi, cette petite phrase n’a plus vraiment le même écho.

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