Illustration de légumes d'automne sur un marché.
Illustration de légumes d'automne sur un marché. - XAVIER FRANCOLON/SIPA

De l’intestin au cerveau, le lien n’est pas forcément facile à saisir. Pourtant, tout un pan de la médecine, en vogue aux Etats-Unis, envisage de soigner les maladies neurologiques en se penchant sur ce qu’il advient au niveau de notre microbiote ou flore intestinale. Ce terme regroupe l’ensemble des bactéries bénéfiques colonisant l’intestin.

Pour le neurologue américain David Perlmutter, qui publie L’Intestin au secours de votre cerveau (Ed. Marabout, 19,90 euros) le 6 janvier en France, il est donc capital de soigner les bactéries de notre organisme pour chasser dépression, sclérose en plaque, Alzheimer, autisme, etc. Au-delà des conseils classiques invitant à se tourner vers le bio, à fuir les produits transformés, les plats préparés, les conserves, voici les aliments conseillés pour protéger notre cerveau sur le long terme…

Des aliments « pro biotiques » ou contenant des bactéries bénéfiques

Il s’agit là des aliments fermentés, essentiellement des choux et des produits laitiers qui contiennent des bifidobactéries ou lactobacilles de sources naturelles. Selon le médecin ces bactéries jouent de nombreux rôles dans l’organisme : « Elles maintiennent l’intégrité du revêtement intestinal, équilibrent le pH de l’organisme, jouent le rôle d’antibiotique, d’antiviral, régulent l’immunité et contrôlent l’inflammation. »

A déguster : Des yaourts, le kéfir (un produit fermenté à base de lait de chèvre), le kombucha (un thé noir fermenté), le kimchi (un mets traditionnel coréen composé de piments et de légumes), la choucroute, les marinades.

Illustration du kimchi coréen

Des aliments pauvres en glucides

L’objectif est de corriger la tendance à puiser en excès dans les céréales et sucres de notre alimentation moderne. Pour le docteur Perlmutter, « plus vous consommez de sucres, plus votre microbiote devient malade (…) En passant au siècle dernier d’une alimentation riche en graisses et en fibres à une alimentation riche en glucides, nous avons commencé à souffrir en parallèle de maladies chroniques du cerveau. » Un régime trop riche en sucres et pauvre en fibres augmenterait ainsi le risque de perméabilité intestinale, perturbation du système immunitaire et inflammation générale qui affecteraient aussi le cerveau.

A déguster : les légumes verts, oignons, navets, avocat, tomate, courge, aubergine, graines de tournesol, les protéines (œufs, poissons sauvages, fruits de mer, volailles, bœuf, canard), herbes, assaisonnement et condiments.

Des aliments riches en bonnes graisses

Sur ce point, la thèse défendue par le médecin ne fait pas l’unanimité. Elle s’appuie pourtant sur l’étude de Framingham réalisée dans les années 2000 par des chercheurs de l’université de Boston. Elle concerne la relation entre le taux de cholestérol total et les performances cognitives. Résultat, « les taux de cholestérols les plus faibles sont associés à des performances cognitives faibles pour le raisonnement, l’attention, la concentration, la fluidité verbale. » Cela suggère que le cholestérol pourrait avoir un rôle protecteur du cerveau.

A déguster : L’huile d’olive vierge extra, de sésame, de coco, le beurre clarifié, lait d’amande, olives, fromages (sauf les fromages bleus), graines.

Des aliments riches en polyphénols

Sous ce terme un peu barbare se cachent des remèdes naturels pour la santé des bactéries. En réalité, « les plantes produisent des polyphénols pour se protéger. Ce sont de puissants antioxydants, recherchés dans le domaine des maladies cardio-vasculaires, l’ostéoporose, le cancer ou le diabète », indique le médecin. Certaines études ont aussi montré que leur ajout dans l’alimentation réduit les marqueurs de stress oxydatif, ce qui réduit en retour le risque de maladies neurologiques.

A déguster : Vin, thé, café ou chocolat.

Des aliments riches en prébiotiques

Ce sont les ingrédients dont les bactéries intestinales raffolent et qui assurent leur croissance. Sans ces bactéries, nos aliments ne pourraient être digérés. D’après Perlmutter, ces prébiotiques présentent de nombreux avantages : Ils réduisent les affections associées à des diarrhées, contribuent à la protection du cancer du côlon, améliorent l’absorption des minéraux et préviennent l’obésité en apportant un sentiment de satiété.

A déguster : Ail, oignon, topinambour, asperge, poireau (Tous crus).

De l’eau filtrée

A la base, notre intestin n’est pas habitué à absorber du chlore, pourtant indispensable pour avoir une eau du robinet propre. Un filtre à eau domestique permet de limiter l’effet des substances chimiques sur l’organisme.

A visionner, l’explication du docteur Perlmutter sur la relation entre l’intestin et les maladies du cerveau (en anglais).

Mots-clés :