L'efficacité des médicaments en vente libre pointée du doigt

AUTOMEDICATION Le magazine «60 Millions de Consommateurs», assisté de deux professionnels de la santé, rend son verdict sur 61 médicaments en vente libre...

N.Bg. avec AFP

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Illustration: l'enseigne d'une pharmacie.

Illustration: l'enseigne d'une pharmacie. — JAUBERT/SIPA

Ils ne servent à rien, au mieux. Seule une minorité de médicaments en vente libre, parmi les plus utilisés contre le rhume, le mal de gorge, la grippe ou les troubles intestinaux, est efficace et inoffensive, selon une étude du magazine 60 Millions de consommateurs dévoilée ce jeudi.

Le magazine a concentré son enquête sur les 61 médicaments les plus vendus tels que Actifed rhume jour et nuit, Caliptol inhalant, Fervex, Oscillococcinum, Néo-Codion ou encore Vicks vaporub, Lysopaïne, Strepsils, Gaviscon, Immodium et Microlax. Ces médicaments ont été passés « au crible » sous le contrôle du professeur Jean-Paul Giroud, pharmacologue clinicien, auteur de plusieurs ouvrages sur les médicaments et l’automédication, ainsi qu’Hélène Berthelot, pharmacienne.

Près de la moitié des médicaments étudiés « à proscrire »

Sur ces 61 médicaments, 28 sont tout simplement « à proscrire », « le rapport bénéfice/risque étant défavorable en automédication ». Vingt sont classés « faute de mieux » : leur efficacité est « faible ou non prouvée mais ils n’ont pas, peu ou très rarement d’effets indésirables », explique le journal. Seuls 13 d’entre eux -comme le sirop Clarix toux sèche, Humex adultes toux sèche dextrométhorphane abricot, Vicks vaporub, Imodiumcaps, Gaviscon menthe, Maalox sans sucre- ont un rapport bénéfice/risque favorable et sont « à privilégier ».

« Ces résultats montrent que ces médicaments, bien que vendus sans ordonnance, ne sont pas des produits de consommation comme les autres », commente le journal dans un communiqué. Les médicaments à proscrire, selon 60 Millions de consommateurs, « comportent trop de contre-indications et des effets indésirables disproportionnés pour soigner des maux passagers, sans compter que certains contiennent des substances inefficaces ».

Danger potentiel

Le journal met en garde en particulier sur les médicaments associant plusieurs substances (par exemple le paracétamol combiné au pseudoéphédrine et tripolidine) qui décuplent les risques d’accidents cardio-vasculaires et neurologiques.

La part de marché de l’automédication en France (en volume) est limitée à 15,4 % (-0,3 point) pour une moyenne européenne de 32,3 % en 2014. Mais les industriels du médicament estiment que l’automédication a sa place pour traiter des pathologies mineures dont la prise en charge financière n’est plus considérée comme prioritaire.

Pourtant, la pratique est jugée à risque par de nombreux professionnels de santé en raison des éventuels effets secondaires, des interactions médicamenteuses ou encore du non-respect de la durée des traitements.

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