Homme utilisant un ordinateur.
Homme utilisant un ordinateur. - Superstock/Sipa

C’est un comble pour un ancien porno dépendant, adepte de la masturbation compulsive. Florent Badou* s’est pris en main un jour de 2008, après quinze années d’addiction aux sites classés X. A 32 ans, ce père de famille marié publie un livre sur le sujet - Avant j’étais accro au porno - pour aider ceux qui n’arrivent plus à vivre sans passer plusieurs heures quotidiennes devant leur ordinateur en quête de nouveaux fantasmes.

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L’ancien accro au cybersexe n’a rien d’un médecin et ne prétend pas dévoiler une méthode universelle pour décrocher de cette « addiction ». Il livre juste son expérience personnelle, les clés qui lui ont permis de redevenir un homme épanoui. « Il faut d’abord comprendre pourquoi on veut arrêter. Moi, j’étais en perte de contrôle, je n’étais pas heureux », explique-t-il.

Trois étapes clés

La première étape a été d’en parler à sa compagne. Après plusieurs années de mutisme, de vie nocturne parallèle, mettre sa partenaire dans la confidence « a fait dégonfler le soufflé. Il ne faut pas en parler pour déculpabiliser. Moi, je n’avais pas rencontré de nanas, couché avec une escort ou quoi que ce soit. » Très réceptive, celle-ci a compris la souffrance de celui qui n’était pas encore son mari à l’époque.

C’est donc en couple qu’ils ont mis en place certains « garde-fous ». Même si « aucune barrière n’est totalement infranchissable », les mots de passe de l’ordinateur sont contrôlés par Madame. Les contrôles parentaux sont installés et le navigateur Internet de son smartphone supprimé. Radical, mais efficace pour ne plus être tenté.

« J’ai essayé de moins consommer à tout va et plutôt me faire plaisir »

Enfin, Florent Badou évoque un régime pour expliquer son changement de vie. A l’origine, l’idée de maigrir n’était pas liée à celle de se sevrer. Mais cela lui a permis de « reprendre confiance en (lui). J’ai retrouvé le plaisir des choses simples, manger équilibré. Chez moi, appétit sexuel et alimentaire étaient liés. Le vocabulaire est le même. Une des clés, c’est la perception. J’ai essayé de moins consommer à tout va et plutôt me faire plaisir. »

A travers la nourriture comme le sexe, Florent Badou a donc renoué avec la jouissance. Le processus a duré environ trois ans et demi. L’ingénieur industriel assure aujourd’hui être épanoui, y compris sexuellement. La masturbation est pour lui un vieux souvenir. « Arrêter le porno, c’est un moyen d’être plus heureux dans ma vie », enchaîne celui qui ne souhaite plus entretenir des fantasmes vis-à-vis de tiers. Pourtant, pas question de diaboliser le porno pour autant. La pornographie n’est pas un problème en soi, selon lui. Son accessibilité, en revanche, incite à la réflexion.

* Le nom a été changé.

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