Un couple après une dispute sur la plage (photo d'illustration).
Un couple après une dispute sur la plage (photo d'illustration). - Pole Michael/SUPERSTOCK/SIPA

Ne plus dormir, ne plus manger, ne plus se laver les cheveux et seulement pleurer, enfouie au fond de son lit en pensant que jamais on ne s’en remettra. Si une rupture amoureuse n’est une partie de plaisir pour personne, les femmes souffriraient davantage que les hommes, selon une étude réalisée par l’Université américaine de Binghamton et l’University College de Londres, publiée dans la revue Evolutionary Behavioral Sciences.

Une douleur physique et émotionnelle plus forte chez les femmes

Les chercheurs ont interrogé 5.705 personnes de 96 pays différents pour mesurer le niveau de douleur physique et émotionnelle éprouvée au moment d’une rupture amoureuse sur une échelle de 1 à 10. Résultat des courses : en moyenne, la douleur émotionnelle est de 6,84 sur 10 pour les femmes contre 6,58 pour les hommes, la douleur physique moyenne, elle, est de 4,21 pour les femmes et 3,75 pour les hommes. En clair : les femmes souffrent plus lors d’une séparation.

Pour Craig Morris, l’auteur principal de l’étude, l’explication est simple : les femmes ont plus à perdre dans une rupture parce qu’elles s’investissent davantage dans une relation que les hommes. « Pour faire simple, les femmes sont plus disposées à s’investir à fond dans une relation que les hommes », analyse-t-il. Et pour cause, « une brève rencontre amoureuse peut conduire à neuf mois de grossesse, alors qu’un homme peut "quitter la scène" seulement quelques minutes après la rencontre », estime le chercheur. Un risque qui pousse les femmes à élever leurs critères de sélection de leur partenaire et qui de fait les expose à une plus grande souffrance lorsqu’elles perdent un compagnon « de haute qualité ».

Les hommes se contentent de passer à autre chose

Mais si elles éprouvent plus de peine sur le coup, « les femmes sont moins dans « l’autodestruction » » et leur souffrance dure moins longtemps que pour les hommes, « profitant » même de cette expérience pour en tirer des enseignements pour l'avenir. Pour les hommes en revanche, dans un premier temps, la rupture ne serait pas trop douloureuse.

« L’homme va ressentir la perte plus profondément et sur le long terme à mesure qu’il intègre le fait qu’il doit se relancer dans la compétition pour remplacer ce qu’il a perdu. Cela peut être encore pire s’il comprend que la perte est irremplaçable », poursuit Craig Morris. Quand un homme réalise qu’il a laissé filer la perle, sa douleur « peut durer des mois, voire des années ». Avant de passer à autre chose en s’impliquant dans une autre histoire.

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