Cataracte: Un collyre pour remplacer la chirurgie ?

ETUDE Alors que le vieillissement de la population mondiale devrait, selon les chercheurs, « nécessiter un doublement du recours à la chirurgie »...

20 Minutes avec agence

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Photo d'illustration d'un oeil.

Photo d'illustration d'un oeil. — V.CAPMAN/AP/SIPA

La cataracte pourrait être soignée grâce à un collyre à base de lanostérol, substance produite naturellement par l’œil. Une jolie alternative à la chirurgie qui pourrait voir le jour grâce aux recherches d’une équipe d’experts dirigée par Kang Zhang, de l’université de Californie (San Diego, Etats-Unis).

Des chercheurs qui ont réussi à faire régresser l’opacité du cristallin (lentille qui transmet la lumière dans notre œil et la focalise sur la rétine), effet à l’orine de la cataracte. Alors que les cellules formant le cristallin se multiplient au cours de la vie embryonnaire permettant sa transparence et qu’elles cessent pratiquement de proliférer passé 20 ans, ces scientifiques ont démontré que le lanostérol peut dissoudre les structures protéiques anormales au sein de cellules du cristallin.

Des tests convaincants chez les lapins et les chiens

Dans la revue Nature, où elle vient de publier ses résultats, l’équipe américaine explique avoir évalué l’aptitude du lanostérol à s’opposer au lent processus de dénaturation des cristallines et de formation d’agrégats dans l’œil.

De fait, les chercheurs ont tenté de mettre au point un collyre à base de lanostérol en le testant tout d’abord in vitro sur des cristallins de lapins atteints de cataracte. Les résultats se sont avérés concluants puisque les cristallins ont présenté une augmentation significative de leur transparence. Viennent donc ensuite les tests in vivo sur des chiens adultes montrant une belle diminution de la sévérité de la cataracte et un accroissement de la clarté du cristallin a été démontrée.

« Les besoins en chirurgie pourraient pratiquement être réduits de moitié »

Selon les auteurs de l’étude, ces tests probants ouvrent la voie à une réelle alternative à la chirurgie (ablation du cristallin et pose d’un implant) concernant cette maladie invalidante. Reste à tester ce nouveau « collyre de traitement de la cataracte » chez l’homme et d’en valider sa pertinence.

Cette recherche pourrait déboucher sur « le premier traitement préventif de la cataracte chez l’homme » estime l’expert indépendant américain Fielding Hejtmancik, dans un commentaire séparé publié par Nature. Le fait de ralentir et retarder de plusieurs années l’apparition de la cataracte chez les personnes âgées permettait de réduire fortement le recours aux opérations, souligne cet ophtalmologue.

Il est aujourd’hui prévu que le vieillissement de la population mondiale se traduise par un doublement des opérations de la cataracte d’ici 20 ans.

*La cataracte touche, selon Le Monde, une personne sur cinq à partir de 65 ans, une sur trois chez les plus de 75 ans et près de deux sur trois après 85 ans. Affectant des dizaines de millions de personnes dans le monde, elle est responsable de plus de la moitié des cécités.

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