Don d'organes: Plus d'un tiers des familles refuse le souhait du donneur

SOCIETE En l'absence de refus, chacun est considéré comme donneur présumé...

20 Minutes avec agence

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Le nombre de greffes a progressé de 26% en 10 ans mais le manque de greffons disponibles reste un problème majeur.

Le nombre de greffes a progressé de 26% en 10 ans mais le manque de greffons disponibles reste un problème majeur. — Martin Bureau afp.com

Il tombe d’un toit, est empalé par grand coup d’épée… puis se relève. Robert Cronejager est acteur, et a « le droit à une deuxième chance ». Peut-être pas comme ces quelque 20.000 personnes qui sont, en France, actuellment en attente d’une greffe malgré les 5.300 transplantations effectuées chaque année (chiffres 2014). Robert Cronejager est le héros d’un spot de l’Agence de la Biomédecine, l’organisme public en charge notamment de la gestion des transplantations.

Lancé, ce lundi à l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, The man who died the most in movies (disponible sur YouTube et DailyMotion) veut inciter les 16-25 ans à faire le bon choix, le leur. Mais aussi à le faire connaître à leurs proches. Car aujourd’hui en France, la plupart du temps, l’entourage ignore le souhait du défunt concernant le don d’organes et un pourcentage relativement élevé des familles (environ un tiers) le refuse. Ceci alors que seuls 21 % des Français seraient hostiles aux dons d’organes (sondage Opinion Way réalisé en 2013).

L’inconnu registre national des refus

Alors que la réforme du don d’organes s’amorce doucement (1), il s’avère, qu’en France, une personne ne peut signifier son refus de donner ses organes qu’en s’inscrivant sur le registre national des refus. Très peu font cette démarche (seulement 100.000 inscrits actuellement). Lors du décès d’une personne susceptible de donner ses organes, l’équipe médicale doit interroger ce registre puis, si la personne n’est pas inscrite, interroger les proches pour savoir sa position sur le prélèvement d’organes. Et essuie souvent un refus.

Par le biais de son projet de Loi santé, Marisol Touraine prévoit donc un renforcement du « consentement présumé » au don d’organes, ouvrant la voie à d’autres possibilités que le registre national des refus pour exprimer son opposition, en maintenant le principe selon lequel en l’absence de refus, chacun est considéré comme donneur présumé.

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« Que celles et ceux qui seront interrogés puissent être les messagers »

« Il n’est pas question de prélever sans s’assurer de l’absence du refus de la personne et sans discuter avec les familles. Mais nous devons faire en sorte d’améliorer les moyens de connaître l’avis du défunt », a ainsi expliqué Marisol Touraine dans une interview publiée, ce lundi, par Ouest-France. Face à la faible utilisation du registre national des refus, « il faut définir clairement quelles peuvent être les autres modalités d’expression du refus », a ajouté la ministre qui confirme qu’un « grand débat va s’engager sereinement avec les familles, les associations et les soignants » et que « les nouvelles dispositions se mettront en place à partir du 1er janvier 2017 ».

Ce lundi, François Hollande a, quant à lui, exprimé sa reconnaissance aux donneurs et à leurs familles et appelé chacun à faire part à son entourage de sa volonté en la matière dans un message relayé par l’Agence de la Biomédecine. Pour le président de la République, il s’agit, lors de cette Journée nationale du don d’organes, « d’inciter chacun de nous à indiquer sa volonté afin que si à notre mort un prélèvement d’organes est envisagé, celles et ceux qui seront interrogés sur nos souhaits puissent en être fidèlement les messagers ».

 

(1). Le 20 mars 2015, l’Assemblée a voté un amendement qui renforce le consentement présumé au don d’organes destiné à lutter contre le manque de greffons disponibles. Il prévoit, qu’à partir de 2018, les proches de personnes décédées ne seront plus consultés, mais seulement « informés des prélèvements envisagés et de la finalité de ces prélèvements ».