Hopital: Un patient sur 10 est victime d'erreurs liées aux soins de santé

SOCIETE Parmi les incidents, des erreurs dans la prescription médicale ou dans les dossiers des patients... 

20 Minutes avec agences

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Hôpital illustration

Hôpital illustration — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Un sur dix. C’est la proportion de patients hospitalisés qui seraient victimes d’un incident indésirable lors des soins, qui sont causés dans une grande majorité des cas par des problèmes de communication entre les membres de l’équipe, révèle un rapport de la Haute autorité de Santé (HAS) présenté mercredi.

Entre 275.000 et 400.000 patients concernés chaque année

Au total, la HAS a recensé entre 275.000 et 400.000 événements indésirables graves, ou « EIG » (par exemple, ré-hospitalisation, mise en jeu du pronostic vital ou fonctionnel, séquelles invalidantes, décès) intervenus chaque année en France.

D’après le rapport, près de la moitié (48 %) des incidents pourrait être évités. Bien qu’il n’existe pas, à ce jour, de recensement exhaustif de ces EIG, plusieurs études laissent apparaître que 10 % des patients sont concernés par ces événements indésirables.

10.000 morts par an à cause d’erreurs médicales ?

En s’appuyant sur quelque 70.000 données recueillies depuis 2006, l’Autorité a pu établir que ces « événements porteurs de risque » (EPR), ou « presque accidents » étaient, pour la plupart cas, des erreurs de médicaments rattrapées avant leurs administrations, des erreurs de dossiers de patient repérées avant une intervention ou encore des défauts de transmission d’une information qui retarde la mise en route d’un traitement.

Le travail en équipe souvent mis en cause

Selon Pr Jean-Luc Harousseau, président du Collège de la HAS, ces « presque accidents » sont causés dans 27 % des cas, par un dysfonctionnement du travail de l’équipe dû lui-même la plupart du temps (70 %) à un défaut de communication au sein de l’équipe ou avec le patient.

Viennent ensuite les dysfonctionnements liés aux tâches à accomplir (23 %) et des causes liées au patient lui-même (15 %) comme l’état de santé ou les antécédents médicaux.

Face à ces résultats, la HAS s’est saisie de la question. Parmi les leviers utilisés par l’Autorité, la généralisation du recours de la revue de morbi mortalité (RMM). Obligatoire dans certains services (en chirurgie, anesthésie et cancérologie), elle permet de faire le point a posteriori sur les erreurs commises afin de pouvoir les éviter dans le futur.

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