Symptômes, causes, traitement: Que sait-on de la sclérose en plaques?

SANTE Ce mercredi a lieu la Journée mondiale de la sclérose en plaques…

Anissa Boumediene

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Illustration d'une patiente en train de passer une IRM.

Illustration d'une patiente en train de passer une IRM. — F.DURAND/SIPA

Son nom fait peur, même si on sait peu de choses sur elle. La sclérose en plaques (SEP) est cette maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central et touche 90.000 personnes en France. Les lésions qu’elle entraîne provoquent des perturbations motrices, sensitives et cognitives qui, à plus ou moins long terme, peuvent évoluer en handicap irréversible. A l’occasion ce mercredi de la Journée mondiale de la sclérose en plaques, 20 Minutes fait un point sur les questions que soulève cette maladie.

Quels sont les symptômes ?

La SEP entraîne des réactions inflammatoires au niveau du système nerveux central et provoque des troubles caractérisés par des fourmillements, des sensations de décharges électriques ou encore de raideur musculaire dans les membres. Les personnes atteintes de SEP décrivent aussi un état de fatigue intense.

Lorsque la maladie évolue, d’autres symptômes peuvent se manifester, comme des troubles urinaires, des difficultés d’élocution, une perte de la mémoire à court terme ou un risque de paralysie, entraînant un lourd retentissement psychologique. Mais l’évolution de la maladie varie d’une personne à l’autre.

Ses causes ne sont pas clairement connues, mais la SEP est favorisée par des facteurs environnementaux et génétiques, et elle touche surtout les jeunes et trois fois plus les femmes que les hommes. Chez un patient sur cinq, les premiers symptômes apparaissent sous forme de troubles visuels (vision floue, perte de vision totale ou partielle d’un œil). 

Alimentation, tabac et sport ont-ils une influence sur la maladie ?

Plusieurs facteurs environnementaux peuvent entraîner la survenue ou la progression de la SEP. En 2005, des chercheurs de l’université américaine de Harvard ont démontré que le fait de fumer favorise la progression, voire l’apparition de la maladie.

L’alimentation joue aussi un rôle. Déjà connu pour favoriser l’hypertension, le sel, consommé en excès, aggraverait les symptômes de la SEP, selon une étude parue dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry. Tout comme l’alcool et les aliments riches en graisses saturées, telle que la charcuterie, le fromage ou les frites, à consommer avec modération.

Au rang des aliments bénéfiques, on retrouve les poissons et autres aliments riches en oméga 3 et en vitamine D, dont les effets sur le système immunitaire permettraient de limiter le développement de la maladie, voire d’empêcher son apparition. Poissons gras et yaourts sont donc à privilégier, ainsi que l’activité physique et professionnelle, vivement recommandées.

Existe-t-il un traitement ?

A ce jour, on ne guérit pas de la SEP. Mais grâce à un dépistage précoce et aux traitements disponibles, il est possible de prévenir la récidive, la durée et l’intensité des poussées, et d’améliorer la qualité de vie des patients. Contrairement aux idées reçues, la maladie n’empêche pas les femmes de devenir mère et les personnes atteintes de SEP ne finissent pas systématiquement dans un fauteuil roulant.

Par ailleurs, depuis début 2014, les Français peuvent, sous conditions, se voir prescrire du Sativex, un médicament dérivé du cannabis qui permet de soulager les douleurs provoquées par la SEP. Les chercheurs sont aussi à pied d’œuvre pour tenter d’élaborer de nouveaux traitements. Ceux du centre hospitalier de l’université de Montréal viennent d’identifier une molécule capable de retarder l’apparition de la SEP et de bloquer sa progression. Les thérapies par cellules-souches sont, elles aussi, prometteuses.

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