Ibuprofène, paracétamol.. Comment avaler ces anti-douleur sans danger?

MEDICAMENTS La surdose de ces molécules peut avoir de graves répercussions sur la santé...

Anissa Boumediene

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Des médicaments (illustration).

Des médicaments (illustration). — MIGUEL MEDINA / AFP

Ils sont les stars des officines. Respectivement premier et deuxième des ventes en pharmacies, le paracétamol et l'ibuprofène sont en bonne place dans les trousses de médicaments des Français, qui s'automédiquent en nombre avec ces substances disponibles sans ordonnance. Pourtant, selon une évaluation rendue publique ce lundi, l'ibuprofène pris à très forte dose accroît le risque de faire un infarctus ou un accident vasculaire cérébral (AVC). Faut-il bannir l'ibuprofène et le paracétamol? 20 Minutes vous explique comment les prendre sans danger.

La surdose en cause

Les études s'accordent sur un point: si le paracétamol et l'ibuprofène peuvent avoir de graves conséquences sur la santé, c'est lorsqu'ils sont consommés à très haute dose et de manière répétée dans la durée.

Dans sa nouvelle évaluation rendue publique ce lundi, le Comité pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) de l'Agence européenne du médicament (EMA), souligne, en effet, que l'augmentation du risque cardiovasculaire ne concerne que les patients prenant des doses d'ibuprofène supérieures à 2.400 mg par jour, soit deux fois la dose maximale préconisée.

S'agissant du paracétamol, si cette molécule est bien supportée par une majorité de personnes, c'est également sa consommation en surdose qui fait peser un risque sur la santé, notamment pour le foie. En mars dernier, des chercheurs ont démontré que le taux de mortalité pouvait augmenter de 63% chez les patients consommant de manière répétée des doses importantes de paracétamol.

Respecter la posologie

S'ils sont en vente libre, paracétamol et ibuprofène n'en restent pas moins des médicaments et à ce titre, il faut respecter la posologie. Pour profiter des bienfaits de ces molécules sans danger, il ne faut pas faire n'importe quoi: pas de mélange entre les médicaments, pas de surdose et pas de prise prolongée.

Médicament phare de l'automédication, le paracétamol est très largement consommé, mais le grand public ne sait pas forcément quelle est la dose maximale. Doliprane et autres génériques sont efficaces contre les douleurs et pour faire baisser la température en cas de fièvre, mais il ne faut pas dépasser les 4 grammes par jour (3 grammes pour les personnes âgées), avec des prises de 1 gramme maximum, espacées de six heures. 

L'ibuprofène, lui, doit être administré en cure de courte durée, pas plus de quelques jours consécutifs. Il ne faut pas dépasser une dose quotidienne de 800 à 1.200 mg, et les prises, de préférence au cours des repas, doivent être espacées de six heures.

Le rapport bénéfice / risques

En décembre dernier, une étude parue dans la revue scientifique américaine PLOS Genetics vantait les bienfaits de cette substance. Les chercheurs ont administré de l'ibuprofène à de la levure boulangère, composée d'un champignon unicellulaire microscopique, et ont découvert que cet anti-inflammatoire non stéroïdien prolongeait son espérance de vie de 15%.

Prescrit aux tout petits comme aux femmes enceintes, le paracétamol n'inquiète pas la communauté médicale. Le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) a réaffirmé ces derniers jours que «le paracétamol reste l’antalgique disposant du meilleur rapport bénéfice/risque».

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