Réforme du tiers payant: Le gouvernement pourrait lâcher face aux médecins

SANTE Le tiers payant généralisé est encore présenté comme «la mesure la plus emblématique» du projet de loi santé...

C.B.

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Illustration d'un médecin généraliste.

Illustration d'un médecin généraliste. — VALINCO/SIPA

Le tiers payant généralisé verra-t-il le jour? D’après Les Echos, le gouvernement pourrait bien abandonner cette mesure, pourtant présentée comme la plus emblématique de son projet de loi Santé.

«Le gouvernement n’a pas encore officiellement battu en retraite sur cet article phare du projet de loi santé, mais un parfum de capitulation flotte dans l’air, à deux semaines de la date limite de dépôt des amendements», écrivent Les Echos. Qui précise que «les principaux syndicats de médecins, habituellement si désunis, vont défiler main dans la main avec les chefs de clinique et les internes des hôpitaux, entre autres» le 15 mars prochain.

Déboires administratifs

Il faut dire que cette généralisation du tiers payant fait l’unanimité contre elle. Si la généralisation du tiers payant permettrait aux patients de ne pas avancer les frais de santé lors de chaque consultation chez un médecin généraliste, les praticiens estiment que cette généralisation leur occasionnerait des déboires administratifs liés aux délais de remboursement. «Certaines caisses remboursent les médecins avec parfois deux ans de retard», confie à 20 Minutes Bertrand Legrand, médecin nordiste et créateur d'un Observatoire du tiers payant.

D’après Claude Leicher, président du syndicat MG France interrogé par Les Echos, «le parallèle avec le tiers payant généralisé en pharmacie n’est pas valable: "Les pharmaciens vérifient rigoureusement les droits de chacun avant d’ouvrir le tiers payant, et ils peuvent se payer un assistant pour vérifier après coup qu’ils ont été remboursés, ce qui n’est pas notre cas"». Alors que le projet de loi Santé doit être présenté au Parlement en avril prochain, la mesure devait être opérationnelle en 2017.